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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 21:53

 

En novembre 1940, le président du conseil des commissaires du peuple et commissaire du peuple aux affaires étrangères d’URSS Vâtčeslav Molotov était en visite à Berlin, pour y rencontrer Hitler et son ministre des affaires étrangères Ribbentrop.

hitler_molotov.jpg

A l’automne 1940, Ribbentrop veut instaurer un « bloc continental » contre l’Angleterre et les Etats-Unis. C’est dans cette optique qu’est signé le pacte tripartite Allemagne-Italie-Japon, le 27 septembre 1940. Ribbentrop souhaite que l’URSS soit intégrée au « bloc continental ». Molotov est invité à Berlin.

Cette visite est un jeu de dupes. Peu avant l’arrivée du ministre de Staline en Allemagne, les relations germano-soviétiques se sont brusquement refroidies. Les sujets de tensions se multiplient. Le 31 août, l’Allemagne et l’Italie contraignent la Roumanie à céder la Transylvanie du nord à la Hongrie, tout en repoussant les réclamations bulgares sur certaines portions du territoire roumain. Les Soviétiques sont furieux de ne pas avoir été consultés sur une décision qui scelle le basculement de la Roumanie dans la sphère d’influence allemande. De plus, une mission militaire allemande arrive dans le pays en septembre. Enfin, en octobre, des unités militaires allemandes arrivent en Finlande, alors en guerre contre l’Union soviétique.

Le 9 novembre 1940, Staline donne ses instructions à Molotov. Il doit sonder les intentions allemandes envers l’URSS. Et essayer de faire basculer la Bulgarie dans la sphère d’influence soviétique, pour rééquilibrer l’intervention allemande en Roumanie et l’invasion (repoussée) de la Grèce par les Italiens.

A Berlin, les discussions se passent mal. Molotov refuse la proposition de Ribbentrop, c'est-à-dire d’entrer dans le jeu d’une alliance dominée par l’Allemagne. Il repousse les propositions que lui font les Allemands de se tourner vers la Turquie et l’Inde. La rencontre avec Ribbentrop le 14 novembre tourne au vinaigre.

 

La rencontre est donc un échec. Elle montre que le pacte germano-soviétique n’est pas une alliance entre Hitler et Staline mais un jeu de dupes cynique.

Si l’on en croit Âkov Čadaev, administrateur du Conseil des commissaires du peuple, lorsque Molotov rapporta sa visite au Politburo, Staline déclara que la guerre est inévitable. Ce dernier dit à Dimitrov le 25 novembre que « les relations avec l’Allemagne sont courtoises en apparence mais qu’il existe de sérieuses frictions entre nous ».

De son côté, Hitler accélère les préparatifs de l’invasion de l’URSS et, le 18 décembre, il achève le plan Barbarossa. Le lendemain, il reçoit l’ambassadeur soviétique en Allemagne, Vladimir Dekanozov, qui est rappelé à Moscou, et lui déclare que les négociations entamées avec Molotov doivent se poursuivre mais qu’elles n’iront pas plus loin.   

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Published by iskra - dans URSS 1939-1941
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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 21:42

Il y a 70 ans, les pays baltes étaient rattachés à l’URSS. On parle souvent « d’occupation » soviétique, qui serait une application directe du pacte germano-soviétique.

Nous ne reviendrons pas ici sur le concept curieux « d’occupation soviétique » dans les trois républiques socialistes soviétiques baltes, qui auraient été « occupées »… par elles-mêmes. Il convient en revanche ici d’articuler le pacte Molotov-Ribbentrop avec la réunion des états baltes à l’URSS en juin et juillet 1940. La soviétisation de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie n’est pas une conséquence automatique du pacte d’août 1939 mais le produit d’une évolution, certes rapide, mais complexe et non dénuée de contradictions.

Mais, en premier lieu, il faut savoir de quoi l’on parle et donc revenir sur le système politique en vigueur dans les pays baltes dans la seconde moitié des années 1930.

 

Les pays baltes durant l’Entre-deux-guerres

Les trois pays baltes sont gouvernés en 1940 par des régimes conservateurs autoritaires. Ce ne sont des « démocraties occidentales » mais des régimes anti-démocratiques sur le modèle de ceux qui fleurissent alors en Europe centrale et orientale.

 

La Lituanie

En Lituanie, depuis le coup d’Etat de 1926, Antanas Smetona gouverne le pays d’une main de fer. A partir de 1929, il cumule les fonctions de président de la république et de premier ministre. Les penseurs chauvins, ethnicistes et conservateurs, inspirés du romantisme allemand et de Herder, Antanas Maceina et Stasys Šalkauskis, font figure d’idéologues officiels. Le premier se réfugia à Berlin en juin 1940 et revient en Lituanie nazifiée en juillet 1941 pour devenir l’année suivante doyen de la faculté de philosophie de Kaunas. Il préféra suivre les armées nazies en retraite en 1944 et poursuivit une carrière universitaire dans des universités d’Allemagne de l’Ouest. Šalkauskis, recteur de l’Université de philosophie de Kaunas, fut destitué par les Soviétiques en 1940 mais ne fut pas arrêté. Le gouvernement provisoire lituanien pro-nazi le nomma en 1941 professeur à l’Université de Vilnius. Son état de santé l’empêcha cependant d’occuper ce poste (il mourut le 4 décembre 1941).

La Lettonie

En 1934, le ministre-président Kārlis Ulmanis instaure l’état de siège, dissout le Parlement et interdit les partis politiques. Il cumule à partir de 1936 les fonctions de ministre-président et de président de la République. Il prend le titre de « Tautas Vidonis », « chef de la nation ». Il mène une polique de « lettonisation », dirigée contre les minorités allemandes, lituaniennes, russes et juives.

L’Estonie

En 1934, le premier ministre Konstantin Päts organise un coup d’Etat, à la veille des élections législatives. Il instaure un régime autoritaire, connu sous le nom d’ « ère du silence » (« vaikiv ajastu »). Päts s’autoproclame en 1937 « protecteur de l’Etat » (« Riigihoida ») et instaure en 1938 la fonction de président de la République, à son profit. Les partis politiques sont interdits et la presse soumise à une étroite censure. Le président-dictateur a réprimé tous les mouvements politiques, des communistes au groupe d’anciens combattants d’extrême droite, très influent avant 1934.

 

Si l’on remonte un peu plus dans le temps, les trois états, qui faisaient partie de la Russie pour l’Estonie et le nord de la Lettonie depuis le XVIIe siècle et pour le sud de la Lettonie et la Lituanie depuis la fin du XVIIIe siècle, ont tous les trois connu l’émergence de républiques sociétiques en 1917 et 1918. Elles ont été balayées par des insurrections nationalistes et des interventions extérieures (allemandes ou polonaises).

Les pays baltes, l’Allemagne et l’URSS en 1939 et 1940

L’URSS a toujours considéré les pays baltes comme une région stratégique pour sa sécurité (Narva, en Estonie, est à 140 km de Leningrad). Mais l’annexion des trois républiques n’est pas écrite d’avance. Jusqu’en 1940, Moscou se serait accommodé d’une neutralité bienveillante. Staline s’inquiète fort du regain de l’influence allemande au début de 1939. En mars, l’Allemagne exige et obtient par traité la cession par la Lituanie de la ville de Memel (aujourd’hui Klaipeda). Les ambassadeurs lettons et estoniens sont alors convoqués par Litvinov, commissaire du peuple aux Affaires Etrangères. L’URSS n’exclut pas une intervention si la neutralité est rompue. Ses inquiétudes sont fondées. La direction soviétique l’ignore alors mais le 11 avril 1939, une directive d’Hitler souligne la nécessité d’établir le contrôle allemand sur la Lituanie et la Lettonie après l’invasion prochaine de la Pologne. Les manifestations d’amitié et de coopération de la Lettonie et de l’Estonie avec l’Allemagne nazie se multiplient. Ces deux pays signent un pacte de non-agression avec Berlin le 7 juin 1939. Les états-majors des armées lettone (Mārtiņš Hartmanis) et estonienne (Nikolai Reek) assistent le 20 avril aux cérémonies du 50e anniversaire d’Hitler. Au cours de l’été 1939, le chef d’état-major de l’armée de terre allemand, Galder, et celui de l’Abwehr, l’amiral Canaris, visitent l’Estonie. La coopération militaire et l’implantation de services secrets nazis dans les pays baltes ne peuvent alors pas faire de doute.

Le pacte germano-soviétique place l’Estonie et la Lettonie dans la zone d’influence de l’URSS et la Lituanie dans celle de l’Allemagne. Cette dernière passe dans la zone soviétique dans le rectificatif du pacte signé le 28 septembre. On dit souvent que l’annexion de juillet 1940 est déjà écrite. En fait, rien ne le prouve. En fait, jusqu’en mai 1940, l’URSS se contente de la « souveraineté contrôlée » des républiques baltes. Leur soviétisation n’est pas encore décidée.

Des pactes de coopération sont signés en septembre et octobre 1939 entre l’URSS et les républiques baltes. Des contingents limités de l’armée rouge occupent des bases militaires sur les territoires des trois états. Staline déclare à Georges Dimitrov, secrétaire du comité exécutif d’une IIIe Internationale à l’agonie, que « on a trouvé dans les traités d’assistance mutuelle le moyen de mettre ces pays dans l’orbite de l’URSS. Mais pour cela il faut maintenir, respecter strictement leur régime intérieur et leur autonomie ». Les soldats soviétiques envoyés en garnison dans les républiques baltes ont pour ordre de rester à l’écart de la population civile. Ce n’est pas une armée d’occupation, mais leur présence donne de la force à la gauche balte. Les ambassadeurs des pays baltes à Paris reçoivent le 28 novembre 1939 le message suivant : « Les garnisons russes ne suscitent aucun malentendu et ne causent pas de difficulté. De plus, les troupes soviétiques paient leurs marchandises en livres anglaises ou en dollars et cela est considéré positivement pour les finances en ces temps de pénurie de liquide. En Lettonie, il n’y a pas non plus de mauvaises nouvelles de la part des Russes » (1). Les gouvernements baltes cherchent à profiter des retombées économiques du régime de « souveraineté limitée ».

Malgré tout, ils recherchent dans le même temps le moyen de limiter et de faire diminuer les bases militaires soviétiques établies sur leur sol. Les Lituaniens adoptent une « instruction aux ambassadeurs sur la question du traité avec Moscou » le 2 novembre 1939 : « Ce serait contre-productif que se répande à l’étranger la pensée que la Lituanie a accepté de bonne grâce le traité avec Moscou et le considère comme un évènement naturel voire utile pour nous ».

Cela n’a pas empêché la Lituanie de recevoir avec plaisir des mains de Staline Vilnius et la région de Vilnius, prises sur une Pologne démantelée, en octobre 1940. Vilnius, peuplée alors à 50% de population juive et à 40% de population polonaise, capitale historique de la Lituanie, et le territoire qui l’entoure, connut sort mouvementé après la première guerre mondiale. Il fut rattaché à la république –communiste jusqu’en 1919- de Lituanie. Les Polonais y provoquèrent une mutinerie en 1920 et proclamèrent une « république de Lituanie centrale », placée sous leur orbite et finalement rattachée à la Pologne en 1922. Les Lituaniens n’ont de cesse de réclamer la rétrocession de Vilnius. Staline l’a fait.   

La Lettonie cherche à contourner et à violer le traité par d’autres moyens que des actions diplomatiques. L’état major lituanien envisage le recours à la force. Pour cela, il se tourne vers l’Allemagne. La Lettonie et l’Estonie maintiennent jusque la fin 1939 des contacts militaires avec Berlin. Fin novembre, le commandant en chef de l’armée lituanienne Krišjānis Berķis et le chef d’état major Hugo Rozenšteins recontrent le chef de la section finlandaise et estonienne de l’Abwehr (2). De plus, pendant la guerre d’hiver entre l’URSS et la Finlande (novembre 1939-mars 1940), les Lituaniens aident les Finlandais à intercepter les transmissions radios des Soviétiques.   

 

La prise de contrôle

Les causes directes

L’occupation du Danemark et de la Norvège par Hitler puis la percée allemande à l’ouest et l’effondrement de la France surprend tout le monde. Elle amène les Soviétiques à changer de politique et à envisager un contrôle plus étroit des états baltes, voire leur réunion à l’URSS. Le 16 mai 1940, les Izvestia publient un article qui exprime les craintes du pouvoir soviétique : qu’Hitler s’empare des pays baltes aussi rapidement qu’il a occupé le Benelux. De plus, Staline souhaite « avancer » sa frontière jusqu’à celle de la Prusse orientale.

Parallèlement, l’URSS dénonce les accords commerciaux conclus fin 1939-début 1940 entre l’Allemagne et les états baltes (avec la Lettonie le 12 décembre 1939, avec l’Estonie le 6 mars 1940 et avec la Lituanie le 14 avril 1940). Ces traités stipulent que 70% des exportations doivent être dirigées en Allemagne. Dès lors, Staline est convaincu que les trois états passeront, de gré ou de force, sous la botte allemande, en violant les pactes de non-agression conclus à l’automne 1939 avec l’URSS. La guerre d’hiver contre la Finlande a montré les faiblesses dramatiques de l’Armée Rouge. Il est impossible pour les Soviétiques de voir les chars allemands parvenir sans résistance à deux jours de route de Leningrad. Il décide de prendre les devants. Les évènements se passent dès lors rapidement.

            La Lituanie

            Début juin 1940, le premier ministre lituanien Antanas Merkys est à Moscou. Molotov l’accuse de couvrir des arrestations de soldats soviétiques stationnés en Lituanie et de vouloir conclure une alliance secrète avec les deux autres pays baltes. Le 14 juin, l’URSS adresse un ultimatum à la Lituanie. Elle exige le renforcement des positions de l’armée rouge en Lituanie et la formation d’un nouveau gouvernement. Smetona demande à l’Allemagne d’intervenir. Celle-ci, dont les armées entrent le même jour dans Paris, refuse. Il est alors contraint d’accepter l’ultimatum et demande à l’ancien chef d’Etat-major de l’armée, Raštikis Stasys, de former un nouveau gouvernement. Ce vétéran de la guerre d’indépendance contre les Russes, diplômé de l’Académie de l’Etat major allemand en 1932, n’a pas les faveurs des Soviétiques. Le 16 juin, l’armée soviétique prend le contrôle des positions stratégiques en Lituanie. Smetana et Raštikis  (3) s’enfuient à Berlin.

            La Lettonie et l’Estonie

            Le 16 juin, des ultimatums semblables sont envoyés à Tallinn et à Riga. On leur reproche le non-respect du traité de non-agression de 1932 et du pacte militaire de 1939 ainsi que la reformation de l’alliance balte. Le 17 juin, les points stratégiques des deux pays sont contrôlés par l’armée soviétique. Päts demande à l’ambassade allemande d’intervenir : Berlin refuse (le même jour, Pétain annonce qu’il a demandé l’armistice). Mais Ulmanis à Riga et Päts à Tallinn gardent leur poste.

 

Les protectorats (juin-juillet 1940)

Moscou envoie des plénipotentiaires contrôler les nouveaux protectorats. Ce sont des hommes très proches de Staline : Andrej Ždanov(4) en Estonie, Andrej Vyšinskij en Lettonie (5) et Vladimir Dekanosov en Lituanie (6). Ils vont contrôler l’intégration des trois états dans l’URSS.

 

Ce processus se fait en plusieurs étapes. En premier lieu, des gouvernements pro-soviétiques sont mis en place.

En Estonie,  Päts reste chef de l’Etat mais il est peu à peu dépossédé de ses pouvoirs : il tente à nouveau de faire intervenir l’Allemagne début juillet mais cette dernière refuse à nouveau. Ždanov le contraint à légaliser le parti communiste le 4 juillet. L’homme de Staline veut qu’il prenne Johannes Vares comme premier ministre. Vares est un médecin et poète de gauche, non membre du PC estonien clandestin et ancien combattant de la guerre d’indépendance estonienne (du côté estonien). Päts refuse : une manifestation communiste, « aidée » par des unités de l’Armée rouge, occupe le Palais présidentiel. Vares forme un « gouvernement populaire » (Päts reste président). L’historien du mouvement national estonien, professeur à l’université de Tartu, Hans Kruus devient vice-premier ministre (9).

Ces gouvernements sous placés sous influence soviétique. Ils sont souvent dirigés par des savants, de gauche sans être membres des PC baltes (du moins jusqu'en juillet 1940), qui ont peu d’expérience politique. Ils dissolvent l’alliance balte de 1923 et l’entente balte de 1934. Ils assurent qu’ils maintiendront l’intégrité territoriale des républiques et qu’ils n’encourageront pas leur soviétisation.

 

La réunion à l’URSS

Ces protectorats sont de courte durée. La fin des opérations terrestres à l’Ouest libère Hitler qui peut désormais se consacrer à la préparation de la guerre avec l’Union Soviétique. Staline franchit l’ultime étape : la réunion des états baltes à l’URSS.

Des « élections » législatives ont lieu les 14 et 15 juillet 1940 dans les trois états, avec des scores sans appel, étant donné que toute opposition fut muselée.

 

 

Participation

Partis Communistes

Estonie

81,6%

92,9%

Lettonie

94,7%

97,6%

Lituanie

95,5%

99,2%

 

Le 21 juillet, le Parlement estonien se réunit et demande l’établissement d’une république socialiste soviétique. Le lendemain, Johannes Vares demande la réunion à l’URSS. Le 23 sont décidées des nationalisations massives. Les mêmes jours, des processus similaires se déroulent dans les deux autres républiques. Les présidents sont exilés en Russie intérieure. Päts est déporté à Ufa, après avoir essuyé un refus de l’ambassade américaine de l’accueillir, et Ullmanis à Stavropol, dans le Caucase. Le 1er août, le Soviet Suprême accepte la « demande » de réunion. L’URSS gagne 6 millions d’habitants.

Vares devient président du soviet suprême de la RSS (république socialiste soviétique) d’Estonie. Il est éliminé en 1946 par le NKVD, pour son ancienne participation à l’armée nationaliste estonienne durant la guerre d’indépendance de 1918-1919.  Kirhenšteins occupe la même fonction en RSS de Lettonie jusqu’en 1952. Il devient en outre vice-président du Soviet suprême de l’URSS, de 1941 à 1952. Paleckis est président du Soviet suprême de la RSS de Lituanie jusqu’en 1967. Il devient alors président du Soviet des nationalités (la 2e chambre du Soviet suprême de l’URSS) jusqu’à sa retraite en 1970.

La Lituanie gagne des territoires relativement importants. En juin 1940, elle s’agrandie de la région de Vilnius : la principale revendication territoriale des Lituaniens durant l’entre-deux-guerres est ainsi satisfaite. Elle bénéficie en outre d’une rectification de frontière en sa faveur avec la RSS de Biélorussie : elle acquiert des territoires peuplés de lituanophones. Enfin, elle gagne Mariampol, achetée à l’Allemagne contre 7,5 milions de dollars-or.

 

Conclusion

La réunion des états baltes, gouvernées par des régimes autoritaires conservateurs, à l’URSS en 1940, n’est pas écrite en 1939. Le pacte germano-soviétique les place dans la zone d’influence soviétique, sans préciser davantage. Les états baltes, dont la ligne anticommuniste les pousse spontanément vers l’Allemagne nazie, maintiennent en réalité des contacts avec Berlin jusqu’à fin 1939. Des traités signés avec l’URSS en septembre et octobre 1939 instaurent une « souveraineté limitée » : les états baltes sont strictement neutres et des bases soviétiques sont installées sur leur territoire, sans qu’il s’agisse d’une « occupation ». Le non-respect de la neutralité par les gouvernements baltes et l’effondrement des « démocraties occidentales » face à l’Allemagne poussent Staline à annexer ces territoires. Il ne s’agit pas du résultat d’un accord entre deux tyrans cyniques sur le dos de petites démocraties mais de stricte défense des intérêts de l’URSS.

Il est certain que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes fut bafoué : mais quand et par qui fut-il réellement respecté ? Il est également évident que la politique de l’URSS stalinienne en 1939 et 1940 marque la condamnation définitive du communisme internationaliste comme programme de gouvernement et comme visée politique en Union Soviétique, pour celles et ceux qui auraient malgré tout pu nourrir encore quelque illusion à ce propos.

(8) Président de l’Académie lettone des sciences en 1941, il passe à l’Ouest en 1944.

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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 18:52

Le pacte : collusion du communisme et du nazisme ?

On a vu ce que le nazisme pensait du communisme et de la Russie. Mais l’URSS de Staline en 1939 est-elle communiste ? La question est moins absurde qu’il n’y paraît.

Pour y répondre, il faut qualifier les rapports du stalinisme (entendu comme système administratif et gouvernemental, voire comme système social) avec le parti communiste. Ce qui suit est particulièrement synthétique. On aura l’occasion d’apporter des précisions ultérieurement.

Je vais commencer par un paradoxe : le stalinisme des années 30 est marqué par une évolution du régime qui marche vers la perte du pouvoir effectif par le Parti communiste. Le parti communiste pan-soviétique (bolchevik) –VKP (b) pour reprendre les initiales russes- est peu à peu réduit au rôle de simple appendice de la bureaucratie et de l’administration. Par conséquent, et malgré les discours officiels, il est traité avec mépris par ces dernières et par Staline lui-même. Je vais tenter d’expliquer pourquoi en quelques mots.

La dégénérescence du VKP (b) est un processus long, non exempt de contradictions, qui dépasse largement la personne même de Staline, et dont les prodromes furent dénoncés par « l’Opposition ouvrière » dès le Xe congrès, en 1921. Les conditions matérielles (ruine et indigence du pays, anarchie économique, mauvaise gestion de la NEP qui engendre une classe d’affairistes, pénurie de cadres compétents et au fond, lassitude généralisée après 3 ans de guerre civile et d’intervention étrangère) font le lit de la bureaucratisation de l’administration (que l’on peut dénoncer dans la presse officielle) et de la contamination du parti par cette dernière (qu’il est interdit de dénoncer). Ce sont les conditions matérielles de l’émergence du stalinisme.

Une fois Staline installé solidement au pouvoir, le VKP (b) devient pour lui un handicap. Pour construire une nouvelle société (industrialisation, collectivisation) tout en renforçant son pouvoir, il a besoin de cadres appâtés par des avantages personnels et matériels, bien loin de la morale fraternelle bolchevique, tout en se livrant à des purges périodiques pour maintenir sur eux une pression constante. Staline n’a pas laissé de pensum théorique général (il se désintéresse de la théorie et déteste les théoriciens bolcheviks, quelle que soit leur tendance, et les éliminera les uns après les autres). Mais en 1925, un discours prononcé devant les élèves de l’Université communiste Sverdlov (2) en dit long : Staline déclare qu’il n’y a pas de difficultés objectives et donc que les retards et les problèmes ne peuvent venir que des erreurs des cadres. On ne peut faire plus anti-marxiste. Ce discours annonce les contradictions du stalinisme des années 30 : on se fixe des grands chantiers ambitieux à réaliser très rapidement mais on les fait réaliser par un appareil bureaucratique de plus en plus complexe et tentaculaire, que l’on purge périodiquement, à la fois tout-puissant et incertain du lendemain. Cela achève le VKP (b), au même titre que l’élimination des oppositions successives qui émergent au sein de la direction du parti. Le marxisme est de facto quasi-enterré : ce n’est pas pour rien qu’un des premiers objectifs de Staline fut de briser l’indépendance de l’Institut Marx-Engels (notamment par l’arrestation de son directeur, le remarquable David Râzanov, qui se moqua de Staline: « laisse tomber, Koba [pseudonyme de Staline jusqu’en 1912], ne te mets pas dans une situation ridicule. Tout le monde sait très bien que la théorie n’est pas ton fort » (1)). Les instances du parti sont dévitalisées. Rakovski écrit à propos du XVIe congrès (1930) : « le congrès est passé à côté de la vie » (3). Les instances dirigeantes ne sont guère mieux loties. Elles sont désarticulées. Le Comité central devient de plus en plus une coquille vide, dont les réunions plénières se font rares : il n’y a qu’un seul plénum réuni durant les quatre années de guerre, en 1944. Il est englué dans un nombre invraisemblable de commissions et est devenu incapable de fixer une ligne d’ensemble. Le Bureau politique est dévitalisé à partir de 1935 : il se réunit de plus en plus en sous-groupes qui prennent leur décisions au nom de l’ensemble. 

La base et l’encadrement du parti sont en outre les premières victimes des purges et de la terreur. La police politique, le GUPB (direction générale de la sécurité d’État) du NKVD (commissariat du peuple aux affaires intérieures) est proclamée « bras armé du parti » : en fait, elle écrase et désarticule le VKP (b) sous les coups des arrestations massives. Sur les 1100 délégués au XVIIe congrès (1934), environ 850 sont arrêtés ou fusillés quand le congrès suivant se réunit en 1939.

En 1939, le parti est sonné, sans ligne politique claire, sans programme, et sa direction est en fait quasi-virtuelle. Les hauts responsables du parti exercent un rôle du fait des responsabilités politiques, administratives, judiciaires, militaires qu’ils occupent par ailleurs mais pas parce qu’ils sont membres d’un Comité central ou d’un Bureau politique qui n’existent presque plus que sur le papier.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de capacités ni de communistes en son sein. Des sections clandestines du VKP (b) seront à la base de la constitution de brigades de partisans dans les territoires occupés par les nazis. Pour porter remède à la gangrène du parti par « l’économie » (la bureaucratie économique qui contrôle de larges secteurs du parti à coups de pots-de-vin), des tentatives (sans lendemain) seront conduites après-guerre par Aleksej Kuznecov entre 1946 et 1948. En 1946, le Comité central perd (pour quelques années) ses attributions économiques, ce qui le dégraisse considérablement. Durant l’enquête que mena Kuznecov, un militant lui dira « le parti a perdu le pouvoir » (4). Staline lui-même reconnaîtra alors que « le parti n’a pas de programme », mais ce sera pour mieux imposer au VKP (b) le pire des « programmes », le jdanovisme, une idéologie d’extrême droite, ultranationaliste…

 

Au moment où fut signé le pacte, le VKP (b), en tant que parti politique, est un pantin désarticulé et méprisé. Il est devenu incapable de formuler la moindre ligne politique d’ensemble. Difficile de dire, dans ces conditions, que le pacte est la collusion du nazisme et du communisme. Le communisme dans l’Union soviétique de 1939 a perdu son meilleur outil, le parti. Il est en grande partie devenu un alibi rhétorique entre les mains de Staline.

 

A suivre, le 3e volet de notre série sur le pacte, la diplomatie soviétique et le nazisme durant les années 30.

 

(1)   cité et traduit par Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard, 2001, p. 231

(2)   École d’enseignement supérieure à destination des futurs cadres du parti et de l’administration soviétique, créée en 1918. Rebaptisée École supérieure du parti PCUS, elle subsiste en 1991. C’est un peu l’ENA de l’Union soviétique.

(3)   « Au congrès et dans le pays », dans Bulletin de l’opposition (bolchevique léniniste) [comprendre : trotskiste], n° 25-26, novembre-décembre 1931.

(4)   cité et traduit par Moshe Lewin, le Siècle soviétique, Fayard, Le Monde diplomatique, 2003, p. 178.

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 16:19

J'inaugure ici une série d'articles sur le pacte Molotov-Ribbentrop, signé il y a 70 ans.

Le 23 août 1939, l’URSS et l’Allemagne signent un pacte de non-agression, assorti d’un protocole secret par lequel les deux signataires se répartissent les pays baltes et la Pologne en zones d’influencelink. Cette répartition sera modifiée par un additif secret signé le 28 septembre 1939.

 

La signature de ce pacte de non-agression est une surprise pour tous. Pour le Parti communiste soviétique, dont le Bureau Politique n’a pas discuté de son contenu final. Pour le mouvement communiste international et la IIIe Internationale, pour qui le Pacte renverse complètement la ligne politique de front antifasciste adoptée à son VIIe congrès, en 1935, et jette les PC nationaux dans une grave crise (le PC français sera interdit). Pour l’opinion publique occidentale, qui s’attendait à la signature d'un pacte tripartite URSS-France-Angleterre.

 

Le pacte du 23 août 1939, et surtout son protocole secret, sont revenus sur le devant de la scène politique et historiographique lors de l’explosion de l’URSS. Il a été érigé comme symbole de la collusion des « totalitarismes », la preuve que nazisme et communisme ne sont guère si différents. Le pacte entre l’URSS et l’Allemagne nazie s’est parfaitement bien fondu dans la vision néolibérale de l’histoire, qui fait de la lutte entre « totalitarisme » et « démocratie » le moteur principal de l’évolution historique.  

La commémoration des 50 ans du pacte dans les républiques baltes de l’URSS le 23 août 1989 fut une étape majeure sur la route des indépendances. 1 million d’Estoniens, de Lettons et de Lituaniens ont formé une chaîne humaine de 600 km de long ("la voie balte").

Le succès de cette manifestation fut permise, entre autres, par la constitution d’une commission d’enquête sur le pacte à l'initiative du Congrès des députés du Peuple d’URSS. Cela aboutit le 24 décembre 1989 à la condamnation du pacte par le Congrès.

Retour aux sources du nazisme : Mein Kampf

On a écrit que ce pacte était inéluctable, car les deux régimes, totalitaires, sont appelés à s’entendre pour se partager l’Europe orientale.

Je commencerai par rappeler ce qu’Hitler écrit dans « Mein Kampf ». L’édition utilisée est celle mise en ligne par la Bibliothèque électronique du Québec, collection « polémique et propagande », qui reprend le texte de la première traduction en français, par J. Gaudefroy-Demombynes et A. Calmettes, parue aux Nouvelles éditions latines, non datéelink.

Sur le marxisme

« en présence de la subordination complète de l’état actuel au marxisme, le mouvement national-socialiste a d’autant plus le devoir, non seulement de préparer par les armes de l’esprit le triomphe de son idée, mais aussi d’organiser, sous sa propre responsabilité, la défense contre la terreur de l’Internationale, ivre de sa victoire » (t. II, p. 283-284).

S’ensuit des pages et des pages à la gloire des SA, qui sont sans doute « les armes de l’esprit » évoquées dans le passage cité…

Sur la Russie : appel à l'extermination et à la colonisation

« L’organisation de l’état russe ne fut point le résultat des aptitudes politiques du slavisme en Russie, mais bien plutôt un exemple remarquable de l’action, créatrice d’états, de l’élément germanique au milieu d’une race de moindre valeur ». (t. II, p. 495).

 

Ici, il pousse à l’extrême la thèse normaniste de la création de la Rus’ de Kiev. On s’étonne ensuite que celle-ci fut très mal vue en URSS...


« Ainsi, depuis des siècles, la Russie vivait aux dépens du noyau germanique de ses couches supérieures dirigeantes qu’on peut considérer actuellement comme extirpé et anéanti. Le Juif a pris sa place. Et tout comme le Russe est incapable de secouer le joug des Juifs par ses propres moyens, de même le Juif ne saurait, à la longue, maintenir le puissant État. Lui-même n’est pas un élément organisateur, il n’est qu’un ferment de décomposition. L’État gigantesque de l’Est est mûr pour l’effondrement. Et la fin de la domination juive en Russie sera aussi la fin de la Russie en tant qu’État. Nous avons été élus par le destin pour assister à une catastrophe, qui sera la preuve la plus solide de la justesse des théories racistes au sujet des races humaines. Et notre tâche, la mission du mouvement national-socialiste, consiste à amener notre propre peuple à ces conceptions politiques, qui lui feront voir son avenir non dans les enivrantes impressions d’une nouvelle campagne d’Alexandre, mais dans le travail laborieux de la charrue allemande à laquelle le glaive n’a qu’à donner la terre » (ibid. p. 496).

C’est donc un appel à l’élimination des peuples slaves et juifs, et à la colonisation de la Russie.

Sur une alliance entre l'Allemagne et la Russie

«  La Russie actuelle, dépouillée de sa classe dirigeante germanique – indépendamment des intentions secrètes de ses nouveaux maîtres – ne peut être un allié dans la lutte pour la libération de la nation allemande. Au point de vue purement militaire, les conditions seraient directement catastrophiques au cas d’une guerre Allemagne-Russie contre l’Europe occidentale et probablement contre tout le reste du monde. La lutte se déroulerait non pas sur le territoire russe, mais sur le territoire allemand, sans que l’Allemagne puisse recevoir de la Russie un secours tant soit peu efficace » (ibid. p. 503).

 

« Une alliance dont les buts n’englobent pas aussi la perspective d’une guerre, est dénuée de sens et de valeur. On ne s’allie qu’en vue d’un combat. Et même si le règlement de comptes se trouve encore dans le lointain au moment où l’on conclut l’alliance, l’on n’en agit pas moins au fond prévoyant que l’on sera entraîné à une guerre. » (ibid. p. 505).

 

« On ne traite surtout pas avec des individus pour qui aucun accord ne serait sacré, car, dans ce monde, ils sont non pas les représentants de l’honneur et de la vérité, mais bien ceux du mensonge, de la duperie, du vol, du brigandage, du pillage ». (ibid. p. 507)

 

Contre la Russie, les Juifs, les communistes : les ennemis du nazisme sont clairement désignés

« Le danger auquel la Russie a succombé menacera toujours l’Allemagne. Seul, un bourgeois naïf peut s’imaginer que le bolchevisme est conjuré » (ibid.).

 

« Nous devons voir dans le bolchevisme russe la tentative des Juifs au vingtième siècle, pour conquérir la domination mondiale […]. Le Juif non plus n’interrompt pas sa marche vers la dictature mondiale par un renoncement volontaire ou bien en refoulant en lui-même son éternelle aspiration. Lui aussi ne saurait être forcé à rebrousser chemin que par des forces extérieures à lui-même, car son instinct de domination mondiale ne s’éteindra qu’avec lui » (ibid., p. 508).

 

« La lutte contre la bolchevisation mondiale juive exige une attitude nette vis-à-vis de la Russie soviétique. On ne peut pas chasser le diable par Belzébuth » (ibid. p. 509).

 

Avant d’évoquer plus précisément le Pacte et les circonstances de sa signature, il faut se rappeler quel est le seul but réel des nazis vis-à-vis des Juifs, des communistes, des peuples slaves : l’extermination, le crime de masse.


Mein Kampf est un livre sous droits jusqu'en 2015. Les droits d'auteur sont versés au land de Bavière.

Reprise partielle de l’"Avertissement au lecteur" de l’édition citée, dont la publication a été ordonnée par arrêt de la cour d’appel de Paris du 11 juillet 1979.

"« Mein Kampf », qui constitue assurément un document indispensable pour la connaissance de l’histoire contemporaine, est aussi une oeuvre de polémique et de propagande dont l’esprit de violence n’est pas étranger à l’époque actuelle et qui par là-même peut encore, malgré l’inanité de ses théories, contribuer à une renaissance de la haine raciale ou à l’exaspération de la xénophobie.

À ce titre, « Mein Kampf » n’a pas cessé de tomber sous le coup de la loi du 29 juillet 1881 modifiée par la loi du 3 juillet 1972 qui dispose :

Article 23. – « Seront punis comme complice d’une action qualifiée crime ou délit ceux qui, soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics soit par des écrits, des imprimés vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou affiches, exposés au regard du public, auront directement provoqué l’auteur ou les auteurs à commettre ladite action, si la provocation a été suivie d’effet...

Cette disposition sera également applicable lorsque la provocation n’aura été suivie que d’une tentative de crime prévue par l’article 2 du Code pénal. »

Article 24, alinéa 5. – « Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 2000 à 300 000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Article 32, alinéa 2. – « La diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera

punie d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 300 francs à 300 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement. »

Article 33, alinéa 3. – « Le maximum de la peine d’emprisonnement sera de six mois et celui de l’amende de 150 000 francs si l’injure a été commise dans les conditions prévues à l’alinéa précédent, envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »

[...]

Le lecteur de « Mein Kampf » doit donc se souvenir des crimes contre l’humanité qui ont été commis en application de cet ouvrage, et réaliser que les manifestations actuelles de haine raciale participent de son esprit".


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Published by iskra - dans URSS 1939-1941
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