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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 18:15

Il y a vingt ans, la démission de Mihail Gorbatchev de ses fonctions de "Président de l'URSS" mettait un terme définitif à l'existence de l'Union soviétique.

Voici une chanson du groupe DDT, "né en URSS", composée en 1997, sur la difficile transition.

 

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Published by iskra - dans URSS 1985-1991
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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 16:18

Le 17 mars 1991, est organisé l’unique référendum de l’histoire de l’URSS. Une majorité écrasante de citoyens soviétiques de différentes républiques fédérées (pas seulement en Russie) se prononcent pour le maintien de l’URSS, dans un cadre constitutionnel renouvelé.

Sur 185 647 355 électeurs appelés aux urnes, il y eu une participation de 80% (148 574 606 votants) et 145 816 789 suffrages exprimés. 77,85% des votants se prononcent pour le maintien de l’URSS (113 512 812 bulletins) en répondant oui à la question suivante :

 

« Considérez-vous nécessaire le maintien de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques comme fédération renouvelée de républiques souveraines égales en droit dans laquelle seront garantis les droits et la liberté des personnes quelle que soit leur nationalité ? »

 

Contexte

 

La tenue de ce référendum fut décidée en décembre 1990 par le IVe congrès des députés du peuple, qui fait office depuis 1989 de Parlement extraordinaire de l’URSS entre les sessions du Soviet suprême, (équivalent du Parlement "ordinaire") sur une demande de Mikhail Gorbatchev. Le référendum n’étant pas prévu dans la constitution de l’Union, cette dernière est modifiée.

 

L’organisation du référendum incombe aux républiques fédérées. Celles-ci réagissent différemment. Elles peuvent modifier les termes de la question. Certaines républiques, qui se considèrent déjà comme indépendantes, refusent de l’organiser.

La Russie, la Biélorussie, l’Ukraine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et le Turkménistan organisent le référendum et mettent en place des commissions électorales.

La Russie décide de poser une seconde question, sur la création de la fonction de président de la Fédération de Russie. Le Soviet de Moscou en profite pour poser aux Moscovites une troisième question, sur la création de la fonction de maire de la capitale.

Le Kazakhstan simplifie la question, qui devient : « Considérez vous nécessaire le maintien de l’URSS comme Union d’Etats souverains égaux en droit ? ».

L’Ukraine la reformule : « Etes vous d’accord avec le fait que l’Ukraine soit membre d’une Union d’États soviétiques souverains sur la base de la déclaration de souveraineté de l’Ukraine ? »

 

D’autres républiques refusent d’organiser ce référendum, même en modifiant la question. : l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Moldavie, l'Arménie et la Géorgie. Le Soviet suprême le dénonce en février 1991. Dans ces républiques, qui refusent la mise en place de commissions électorales, le ministère de la défense d’URSS, le KGB et le ministère des affaires intérieures d’URSS constituent des listes électorales, afin de recenser les soldats et les habitants qui voudraient prendre part à la consultation.

Les gouvernements de ces républiques convoquent des référendums portant sur l’indépendance du pays, et non sur son maintien dans une URSS renouvelée.

En Lituanie, l’indépendance l’emporte à 90% lors du référendum du 9 février. En Lettonie à 73% et à 78% en Estonie le 3 mars. A 90% en Géorgie le 31 mars. En Moldavie, le référendum sur le maintien de l’URSS est organisé en Transnistrie et en Gagaouzie, où la population se prononce respectivement à 97% et à 98% pour l’Union soviétique. Enfin, en Arménie, l’indépendance est ratifiée à 99% lors du référendum du 21 septembre 1991.

 

Résultats

Les résultats du référendum du 17 mars sont les suivants :

 

République fédérée

Score du oui

Russie (RSFSR)

71,3%

Ukraine

70%

Biélorussie

82,7%

Ouzbékistan

93,7%

Kazakhstan

94,1%

Azerbaïdjan

93,3%

Kirghizstan

96,4%

Tadjikistan

96,2%

Turkménistan

97,9%

 

Dans les républiques où le scrutin ne fut pas organisé officiellement, plus de deux millions de personnes (sur un total de 19 millions d’habitants, toutes républiques confondues) allèrent s’inscrire sur les listes électorales ouvertes par le ministère de l’intérieur d’URSS et le KGB pour voter le maintien de l’URSS.

Enfin, dans l’armée, le « oui » l’emporta à 89%.

Donc, même si l’on prend en compte la totalité de la population soviétique (en y incluant les républiques qui n’organisèrent pas le référendum), le oui est majoritaire.

 

Conséquences

 

En conséquence, par un décret du 21 mars 1991, le Soviet suprême d’URSS déclare :

 

1-     « les organes d’Etat de l’Union soviétique et des républiques doivent mener leur activité concrète selon la décision du peuple qui s’est exprimée par la voie du référendum pour l’URSS renouvelée, et en conséquence cette décision est définitive et a force obligatoire sur tout le territoire de l’URSS

2-     Recommander au président de l’URSS et au Conseil de la fédération, aux Soviets suprêmes des républiques, en conséquence des résultats du référendum, de travailler avec davantage d’énergie à l’élaboration du nouveau Traité de l’Union de manière à ce qu’il soit signé dans les plus brefs délais. Dans le même temps, accélérer l’élaboration de la nouvelle constitution de l’URSS ».

 

En mars 1991, une majorité de Soviétiques (russes comme non russes) se prononcent pour le maintien de l’URSS, dans un cadre constitutionnel renouvelé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette volonté ne fut pas entendue.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 19:13

 

Le 20 janvier 1991, par 1 343 855 voix, soit 93,26% des suffrages exprimés, la Crimée retrouve son autonomie. La question posée était la suivante : « Voulez-vous la restauration de la République socialiste soviétique autonome de Crimée comme membre de l'URSS et signataire du traité de l'Union? ».

En conséquence, le 12 février suivant, le Soviet suprême d'Ukraine adopte la loi « sur la restauration de la République socialiste soviétique autonome de Crimée dans les frontières de l'oblast de Crimée de la République socialiste soviétique d'Ukraine ». Le Conseil (soviet) des députés du peuple de l'oblast d'Ukraine assure le pouvoir dans la nouvelle république autonome en attendant l'adoption d'une constitution. Le 22 mars, cette assemblée prend le nom de « Soviet suprême de la République socialiste soviétique de Crimée » et commence à élaborer la constitution.

Le 4 septembre, la souveraineté de la République est proclamée. Le 1er décembre, 54% des habitants se prononcent pour l'indépendance de l'Ukraine. La constitution de la République autonome de Crimée (qui n'est alors plus « socialiste soviétique ») est adoptée en mai 1992.

 

Une première République socialiste soviétique autonome de Crimée a été instituée en 1921, au sein de la Russie soviétique. L'autonomie de la région fut supprimée en 1945, après la déportation des Tatars de Crimée l'année précédente. La Crimée devient un "oblast" de la Russie. En 1954, elle est rattachée à la République socialiste soviétique d'Ukraine.

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 21:13

 

La journée du 13 janvier 1991 fut marquée par la prise du central de la télévision à Vilnius par l'armée soviétique puis par son retrait. La journée est aujourd'hui fêtée en Lituanie comme « jour des défenseurs de la liberté ».

 

Le 11 mars 1990, la Lituanie est la première des républiques de l'URSS à proclamer son indépendance en adoptant « l'acte de rétablissement de l'État lituanien indépendant ». La constitution de l'URSS ne s'applique plus sur le territoire. La constitution lituanienne de 1938 est rétablie. C'est la fin de la République socialiste soviétique de Lituanie, qui devient la République de Lituanie. Le pouvoir central soviétique refuse de reconnaître cette décision et, dès lors, une épreuve de force s'engage.

La République de Lituanie est alors dirigée par Vitautas Landsbergis, membre du parti « Sajūdis ».

Le 25 avril 1990, un embryon d'armée est constitué, sous le nom de « Département de sûreté du pays » (ci-après DSP). La situation politique et sociale se tend tout au long de l'année 1990, jusqu'à l'explosion de janvier 1991. Les réformes libérales du gouvernement lituanien n'y sont pas pour rien. Le 7 janvier 1991, les prix des produits alimentaires de base sont brutalement multipliés en moyenne par 3,2. Le 8 janvier, à l'appel du Comité civil de Vilnius et d'organisations communistes, des milliers de personnes, surtout des ouvriers dont les usines produisent pour toute l'URSS et qui craignent que l'indépendance entraîne une rétraction brutale de leurs débouchés, se rassemblent devant le Parlement pour réclamer l'annulation des mesures d'augmentation des prix et la dissolution du Parlement. Ils obtiennent satisfaction sur leur première revendication. Le premier ministre proteste et le Parlement censure le gouvernement.

Le 9 janvier, des messages signalant des mouvements de l'armée soviétique à travers le territoire passent en boucle sur les radios locales. Vers midi, cinquante parachutistes s'emparent de l'aéroport de Vilnius. On annonce ensuite que des blindés font route vers la capitale. Durant toute la journée, des rassemblements se poursuivent devant le Parlement. Ils réclament toujours la dissolution du Parlement. Les ouvriers des principales usines de Vilnius, ceux de la centrale nucléaire d'Ignalina ainsi que les cheminots se prononcent pour la grève générale. Le personnel de l'aéroport de Vilnius cesse le travail.

 

Le 10 janvier, les partisans du gouvernement lituanien et ses opposants se font toujours face devant le Parlement. Landsbergis nomme premier ministre Albertas Šimēnas, membre du Parti social-démocrate de Lituanie. Le même jour, Mihail Gorbačev envoie un message au Parlement lituanien pour exiger la restauration des constitutions de l'URSS et de la république socialiste soviétique de Lituanie. Landsbergis qualifie cette adresse d'intrusion dans les affaires intérieures d'un état souverain.

Le 11 janvier, sur ordre de Gorbačev, les unités armées soviétiques s'emparent de l'immeuble des éditions du Parti communiste, de celui du comité central de la DOSAAF (1), qui était le siège du DSP, du central de la télévision à Nemenčine ainsi que d'autres bâtiments publics, anciennes propriétés du PC, à Vilnius, Alytus et Šiauliai. La prise de la tour de la télévision à Vilnius est prévue mais l'opération est annulée, car le KGB est informé (en fait désinformé) de la présence d'unités du Département de la sécurité du pays. En réalité, la télévision n'est alors pas défendue. Ce n'est qu'ensuite, sur ordre de Landsbergis, que des unités armées lituaniennes prennent possession de l'immeuble.

A 18 heures, le Comité central du Parti communiste de Lituanie (prosoviétique) appelle à la formation d'un « Comité de salut national ». En réaction, le Parlement enjoint la population à descendre dans la rue pour prendre part à la défense du Parlement, de la radio, de la télévision et de la station téléphonique.

 

Dans la nuit du 12 au 13 janvier, dans les locaux du comité de ville de Vilnius du PC de Lituanie, on prépare les mesures à prendre pour faire appliquer les ordres de Gorbačev sur « la restauration de l'ordre constitutionnel ». Des « détachements ouvriers » sont mis en place. Lorsque ceux-ci marchent vers le Parlement, des heurts éclatent avec des militants de « Sajūdis » et des unités du DSP.

Pendant ce temps, les troupes soviétiques déclenchent l'assaut contre la tour de la télévision. L'opération est dirigée par le vice-ministre de la défense d'URSS, le général Vladislav Ačalov. A 0 h 50, des véhicules de transport blindés et des tanks font mouvement vers le centre-ville. Le bâtiment du Parlement est encerclé par dix chars à 1 h 30. Ils dispersent les barrages constitués par des voitures et ouvrent la route de la tour de la télévision à l'unité spéciale du KGB « Alpha », qui s'en empare. La radio de Vilnius dénonce une « agression contre un état indépendant ». A 2 h 35, l'armée soviétique prend l'agence des télécoms de la capitale.

A 5 h, une radio canadienne annonce que Gorbačev vient d'ordonner le retrait des forces armées soviétiques. Les blocus du Parlement et de la télévision sont levés.

 

Le bilan des évènements de la nuit du 12 au 13 janvier est de quatorze morts (treize défenseurs de l'immeuble de la télévision et un officier du KGB). On dénombre également plus de six cents blessés.

Le ministre de la défense de Lituanie, Audrius Butkevičius, déclara dans un premier temps que les forces lituaniennes n'ont pas ouvert le feu. Il a cependant depuis reconnu que les défenseurs de l'immeuble de la télévision ont bien tiré sur le KGB.

 

Le procès du « coup d'État du 13 janvier 1991 » s'ouvre à Vilnius en novembre 1996. Au terme de trois ans de débats, l'ancien secrétaire général du PC de Lituanie, Mykolas Burokevičius, est condamné à douze ans de prison, et l'ancien responsable à l'idéologie du parti, Juozas Jermalavičius, à huit ans de réclusion.

 

La chronologie des évènements montre que nous ne sommes pas en présence d'une simple « invasion » de la Lituanie par l'URSS. L'indépendance suscite des résistances sociales internes en Lituanie. Les forces armées soviétiques s'appuient dessus pour agir.

La principale conséquence des heurts de Vilnius n'est pas tant le fait que l'indépendance du pays soit désormais irrémédiable que celui qu'ils déconsidèrent Gorbačev. Boris Eltsine et son entourage se saisissent de l'occasion pour commencer à constituer des éléments d'une armée et d'une police proprement russes. Cette décision accélère le processus d'indépendance de la Russie vis-à-vis du pouvoir soviétique, qui est la principale cause directe de l'effondrement de l'URSS, moins d'un an plus tard.

 

 

(1) Littéralement « Société des volontaires pour la coopération avec l'armée, l'aviation et la flotte », organisme chargé d'organiser des exercices de défense civile ainsi que des souscriptions et des loteries pour l'armée.

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