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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 00:13

Le documentaire diffusé sur Arte la semaine dernière, « La guerre des partisans sur le front russe », a au moins un mérite : évoquer à la télévision un thème assez peu connu en France, alors que ce fut un phénomène majeur de la seconde guerre mondiale à l’Est qui joua un rôle certainement décisif dans la victoire de l’URSS. Mais c’est justement là que le documentaire commence à poser problème.

La vision du documentaire est empreinte d’un relativisme total. Tout se vaut : les partisans et ceux qui appliquent la politique d’extermination nazie, les partisans et les collaborateurs, les partisans « rouges » durant la guerre et les partisans « noirs » ou « blancs » nationalistes après la guerre. Les civils auraient été les victimes d’une lutte entre les partisans et les Allemands. On passe tranquillement d’un camp à un autre. Et puis, après la guerre, les « frères de la forêt » livrent une lutte au pouvoir soviétique qui vaut bien celle des partisans.  Donc, tout est dans tout et finalement ce ne sont jamais que des totalitarismes qui s’entretuent. C’est tout juste si ce n’est pas de la responsabilité des partisans si près de 700 villages biélorusses ont été brûlés avec leur population. D’ailleurs, ces Allemands, si l’on excepte les méchants Einsatzgruppen, ne sont-ils pas des êtres humains qui pensent à écrire à leur tendre et chère du fin fond de la forêt biélorusse avant de se faire tuer sans doute lâchement ?

Une telle approche n’explique rien. Pire, elle véhicule une vision de l’histoire sans aucune dynamique, sans aucune contradiction, sans aucun point saillant à partir duquel exercer une critique historique. Aucun lien n’est fait entre une politique d’extermination d’un côté et la résistance des partisans de l’autre. Cette politique d’extermination, qui est quand même le facteur décisif de la période, est complètement passée sous silence. Le fait qu’un quart de la population biélorusse fut massacrée par les occupants est évoqué nonchalamment.  

Prenons un exemple. Khatyn. Ce village biélorusse fut complètement détruit et sa population exterminée le 22 mars 1943. 127 habitants ont été brûlés vifs dans une grange. Et quand je dis habitants, cela inclut des nourrissons de quelques semaines. Les responsables sont le 118e bataillon de police composé essentiellement d’Ukrainiens et la brigade SS Dirlewanger. Ce village servait occasionnellement de base pour les partisans.

Voyons donc si tout se vaut.

Voici comment le chef du 118ebataillon, responsable du massacre, relate les faits à sa hiérarchie :

« Pour poursuivre l’ennemi en retraite furent envoyées des forces plus importantes, au nombre desquelles une partie du bataillon SS Dirlewanger. Pendant ce temps, l’ennemi se retira dans le village Khatyn dont les sentiments étaient favorables aux bandits. Le village fut encerclé et attaqué de tous côtés. L’ennemi fit preuve d’une résistance opiniâtre de toutes les maisons du village, utilisant même des armes lourdes comme des armes antichars et des projectiles de mortier lourd. Au cours du combat, avec 34 bandits, furent tués un nombre important d’habitants. Une partie d’entre eux périt au cours d’un incendie. Une grande partie des habitants, en tout cas, avait quitté Khatyn quelques jours auparavant pour ne rien avoir à faire avec les bandits. Les habitants des villages situés le long de la route ont pu observer tout se qui se passait » (12 avril 1943, Archives nationales de Biélorussie, 510/1/45/120-121).

On aurait donc des habitants pris entre deux feux, victimes de balles perdues ou victimes d’un incendie présenté presque comme accidentel. Pas besoin de démontrer à quel point cela est absurde.

De l’autre côté, voici ce qu’écrivent les partisans dans le journal du comité clandestin du parti communiste de la région de Khatyn :

« Tout dernièrement, le 22 mars, une brigade d’Allemands et de Lituaniens [sic] spécialisée en expéditions punitives ont fait irruption dans le village de Khatyn […]; Les bourreaux ont exercé des actes de sauvagerie sur la population. Ils ont conduit de force plus de 320 habitants du village, adultes et enfants, dans la grange du kolkhoze, l’ont entouré de paille, l’ont aspergé d’essence et y ont mis le feu. Quand le toit de la grange s’effondra  et que les gens, remplis d’horreur, se sont mis à fuir, les Allemands ont ouvert le feu à la mitrailleuse sur les fuyards. Seules 13 personnes se sont sauvées, parmi lesquels, blessés et couverts de brûlure,  Želobkovič Viktor, 9 ans, Klimovič Yuliya 20 ans, Karaban Petr et d’autres. Ils ont trouvé refuge et soins chez les partisans. 314 [sic] personnes ont été brûlées dans la grange. Les bandits ont incendié toutes les maisons d’habitation des paysans, ont pillé et emporté les biens. » (Le léniniste, 5 avril 1943).

Les partisans de la région ne sont pas indifférents au massacre de Khatyn. Dans le relevé de décisions de la réunion de commandement de la brigade de partisans « Oncle Vassya » du 29 mars 1943, on peut lire :

« Cesser le cantonnement de jour et de nuit des partisans dans les villages même si ce ne sont que des individus, étant donné que cela entraîne des outrages barbares de la part de l’ennemi sur notre population. Beaucoup d’exemples sont à apporter, nous avons même le cas des 184 [sic] personnes brûlées du village de Khatyn » (Archives nationales de Biélorussie, 1405/1/780/ 5-v).

Alors tout est dans tout ?

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 21:18

Le décès de Roland de La Poype, héros de l’Union soviétique, vétéran du groupe de chasse « Normandie-Niémen », le 23 octobre dernier donne l’occasion de parcourir la presse soviétique de l’époque.

Voici un article paru dans « Krasnaya Zvezda » (« L’étoile rouge »), le quotidien du commissariat du peuple à la défense soviétique, le 8 juin 1944, n° 134 (5814), p. 4. Les pilotes de Normandie-Niémen rendent hommage à Marcel Lefevre, grièvement blessé au combat le 28 mai 1944 et qui meurt le 5 juin. Il est inhumé à Moscou, près du monument dédié grognards de Napoléon. Marcel Lefevre sera fait « héros de l’Union soviétique », à titre posthume, le 4 juin 1945, par décret du praesidium du Soviet Suprême de l’URSS.

 

« Le 5 juin 1944 est mort dans un hôpital de Moscou un des meilleurs pilotes de l’unité aérienne « Normandie » (1), le lieutenant-chef Marcel Lefevre. Originaire de Normandie, où a maintenant commencé la bataille pour la France, Lefevre était courageux, persévérant et plein de vie, comme un vrai normand. Il ne remettait pas de la défaite de la France. En octobre 1941, se jouant de la vigilance des traîtres, il passa en avion d’Afrique du Nord à Gibraltar. Ayant rejoint l’armée de la France Libre, il combattit au-dessus de l’Angleterre. Marcel Lefevre fut l’un des premiers pilotes français à exprimer le désir de combattre sur le front germano-soviétique. Patriote ardent, il arriva en Union Soviétique en octobre 1942 quand sur le front de l’Est se déroulaient de très dures batailles : il voulait combattre. Il disait souvent : « Celui qui reste sur le côté n’est pas Français ». Il aimait la Russie soviétique, avait compris l’âme des pilotes soviétiques et, rapidement, avait appris à parler russe. C’est avec fierté et, plus que tout, avec un amour ardent qu’il prenait soin de son « Yak ». Il y a quelques jours encore, Lefevre est intervenu dans un meeting de la jeunesse antifasciste à Moscou (2). Il y a parlé de la victoire prochaine. Il a aussi évoqué la forte amitié militaire entre la France et l’Union Soviétique. Lefevre a pris part aux combats d’Orel (3), de Spas-Demyansk (4), Ielnya (5), Smolensk (6) et à l’ouest de Smolensk. Il a abattu 11 avions et en a touché 3 autres. Sur sa poitrine, on trouvait des décorations françaises, l’ordre de la Légion d’honneur, la croix de la libération, la croix de guerre, et soviétiques, le Drapeau rouge et la Guerre patriotique. C’était un pilote courageux et ingénieux. Il possédait une grande maîtrise du combat aérien. Pour nous, c’était un ami et un modèle. Tous les pilotes du « Normandie » aimaient cet homme joyeux et sensible. Il y avait chez Marcel Lefevre à la fois la candeur de l’enfance et la maturité de la guerre. Il y a quelques temps, on lui a proposé de partir se reposer en Afrique du Nord. Il a refusé : il ne voulait pas abandonner le combat. Français et homme au grand coeur, il ne vivait que dans un seul but : la victoire. Il est tombé au combat. Pour nous particulièrement, il est cruel de l’avoir perdu à la veille des jours qui doivent apporter la victoire, à nous et à nos frères d’armes soviétiques.

Lieutenant-colonel Pouyade

Capitaine Delfino

Lieutenant-chef Albert

Lieutenant-chef de La Poype

Capitaine Risso

Lieutenant-chef Mourier

Lieutenant-chef Sauvage

»

 

Elle prend le nom de « Normandie-Niémen » le 21 juillet 1944.

Troisième Meeting de la jeunesse soviétique antifasciste, qui a eu lieu à Moscou le 21 mai 1944. Mentionné dans « Krasnaya Zvezda », 23 mai 1944, n° 121 (5801), p. 2.

Juillet 1943

Durant la bataille de Smolensk, en août 1943

Autre offensive menée durant la bataille de Smolensk, août-septembre 1943

La ville de Smolensk elle-même est libérée le 25 septembre 1943.

 

 

Voici le texte original :

 

5 июня 1944 г. скончался в московском госпитале один из лучших летчиков авиачасти «Нормандия», старший лейтенант Марсель Лефевр. Уроженец Нормандии, где началась теперь битва за Францию, Лефевр был смелым, упорным и жизнерадостным, как истинный нормандец. Он не примирился с разгромом Франции. В октября 1941 года, обманув бдительность предателей, он перелетел из Северной Африки в Гибралтар. Вступив в армию Свободной Франции, он сражался над Англией. Марсель Лефевр был одним из первых французских летчиков, высказавших желание сражаться на советскогерманском  фронте. Страстный патриот, он приехал в Советский Союз осенью 1942 года, когда на восточном фронте шли жестокие бои: он хотел воевать. Он часто говорил, « что тот, кто остается в стороне, не француз ». Он полюбил советскую Россию, понял душу советских летчиков, быстро,научился говорить порусски. С доверием, более того, с горячен любовью он относился к своему «Яку». Всего несколько дней тому назад Лефевр выступал в Москве на митинге антифашистской молодежи. Он говорил о близкой победе. Он говорил также о крепкой боевой дружбе Франции и Советского Союза. Лефевр принимал участие в боях за Орел, СпасДемянск, Ельню, Смоленск и в боях западнее Смоленска. Он сбил 11 самолетов и 3 подбил. На его груди были Французские "ордена Почетного легиона, Креста освобождения, Боевого креста и советские — Красного Знамени н Отечественной войны. Он был мужественный и находчивый летчик. Он обладал большим мастерством воздушпого боя. Для нас он был другом и вдохновителем. Все летчики «Нормандии » горячо любили этого веселого и отзывчивого человека. Была в Марселе Лефевре детская чистота и вместе с тем зрелость воина. Недавно ему предложили поехать в Северную Африку, чтобы отдохнуть. Он отказался — он не хотел покидать боя. Француз и человек большого сердца, он жил одним — победой. Он погиб на боевом посту. Нам особенно, горько, что мы его потеряли накануне тех дней, которые должны принести победу нам и нашим советским соратникам.

 

Подполковник ПУЯД,

капитан ДЕЛЬФИН0,

ст. Лт АЛЬБЕРТ,

ст. Лт ДЕЛА ПУАР,

лт РИСС0,

ст. Лт МУРЬЕ,

ст. Пт СОВАЖ,

мл. Лт ЭЙХЕНБАУМ.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 18:32
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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 21:38

 

« Guerre sans précédent : l'ennemi foulait aux pieds toute la vie du peuple; il abattait les croix dans les cimetières où des êtres chéris sont enterrés; il brûlait les livres d'enfants, il piétinait les vergers où les grands-pères avaient planté les pommiers et les cerisiers; il posait le pied sur le cou des vieilles grands-mères qui racontaient aux gosses l'histoire du coq à crête rouge; il faisait pendre les tonneliers, les forgerons, les vieux gardiens ronchonneurs. L'Ukraine, la Biélorussie et la Russie n'avaient jamais entendu pareille chose. Pareille chose ne s'était jamais vue en terre soviétique ».

C'est dans ces termes que le grand écrivain Vassili Grossman évoque, dans son roman Le peuple est immortel, l'invasion de l'URSS par les troupes allemandes et leurs alliés (Italie, Hongrie, Roumanie, Finlande, Slovaquie, Croatie, nationalistes ukrainiens, lettons, lituaniens et estoniens, volontaires fascistes français, espagnols, danois, belges...). Cette guerre a débuté il y a aujourd'hui 70 ans, le 22 juin 1941.

Cette guerre n'est pas une guerre traditionnelle. C'est une guerre raciste, une guerre d'extermination contre les peuples de l'URSS, contre les Juifs. 27 millions de Soviétiques ont été tués par les nazis, au combat, dans les camps de prisonniers, dans les camps de concentration et d'extermination, au cours des innombrables opérations criminelles menés dans les territoires soviétiques qu'ils ont occupés entre 1941 et 1945, du fait des privations à l'arrière du front ou à Leningrad assiégé pendant 872 jours. La Biélorussie a perdu le quart de sa population. Près de 700 villages y ont été incendiés. 700 Ouradour sur Glane. Cette politique d'extermination de la population s'accompagne en outre du transfert en Allemagne ou de la destruction de la force industrielle et des biens culturels (oeuvres d'arts, bibliothèques, archives, palais, maisons d'écrivains). C'est l'annihilation de peuples entiers, de leur population, de leur histoire que visaient les chefs nazis et leurs alliés. C'est la colonisation des terres soviétiques que recherchaient Hitler et ses complices.

Cet aspect de la seconde guerre mondiale est assez peu connu en Occident à une échelle de masse. La guerre menée par Hitler contre l'URSS est LA guerre du nazisme, celle qu'il annonçait dans Mein Kampf comme le couronnement de son œuvre, comme la condition sine qua non de l'instauration du nouvel ordre fasciste sur l'Europe.

Aujourd'hui, il est de bon ton de renvoyer dos à dos les régimes nazi et stalinien, quand ce n'est pas le nazisme et le communisme. Bien sûr le régime stalinien fut un cauchemar bureaucratique et policier. Bien sûr il faut mener des enquêtes historiques scientifiques sur les crimes qu'il a commis. Bien sûr il y eut le pacte germano-soviétique et Katyn. Mais dire que l'URSS et l'Allemagne nazie furent les deux facettes d'une même hydre, le totalitarisme, revient à relativiser le caractère intrinsèquement génocidaire du régime hitlérien. C'est du révisionnisme.

Les nazis et leurs alliés ont considéré l'URSS comme leur principal ennemi. Pour preuve, en avril 1945, les restes de la Wehrmacht se concentrent contre l'Armée rouge tandis que les troupes allemandes sur le front ouest se rendent en masse. Le 9 mai 1945, encore, les Allemands résistent en Courlande et à Prague, contre l'Armée rouge.

Derrière les nazis s'engagent tous les collaborateurs de l'Europe, dans les pays alliés, vassaux ou occupés par l'Allemagne. Cette guerre est pour eux l'aboutissement d'une politique antisoviétique et anticommuniste dont les racines sont anciennes. Les « journalistes » de « Je suis partout », Brasillach, Rabatet, Cousteau y trouvent le couronnement de leur engagement politique de droite.

La résistance des peuples soviétiques, de l'Armée rouge, des partisans, permit de stopper l'avance nazie. Après avoir tremblé à l'automne 1941 et à l'été 1942, l'URSS ne s'est pas effondrée. Elle est sortie victorieuse de cette lutte à mort. Elle a refoulé l'envahisseur et libéré l'Europe centrale et orientale du nazisme. Elle a pris Berlin et mis fin du régime hitlérien. Dire cela n'enlève rien au rôle des alliés occidentaux et des forces de résistance dans le reste de l'Europe, en Afrique, en Asie. Mais sans l'URSS, il n'y aurait pas eu de victoire alliée en Europe, ou alors bien après 1945.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 21:23

 

Le plan d’extermination des peuples soviétiques par les Nazis est complété par la volonté de les annihiler culturellement. La propriété de Léon Tolstoï est un exemple du pillage et de la destruction des biens culturels par l’envahisseur. Le centenaire de la mort de l’écrivain célébré ce mois-ci est une occasion d’y revenir.

 

Tolstoï est né et a passé une partie importante de sa vie dans la propriété familiale de Iasnaïa Poliana, près de Tula. Après sa mort et quelques flottements, la propriété est transformée en musée (par un décret du Comité exécutif central du 10 juin 1921). La décision du pouvoir soviétique a pour objectif de faire de Iasnaïa Poliana, outre un musée, un centre culturel, doté d’une bibliothèque, où seraient organisés spectacles, expositions et conférences sur l’écrivain. Les jardins sont restaurés dans les années 30, les tableaux de la maison de Tolstoï en 1940.

 

En 1941, Iasnaïa Poliana est menacée par l’avancée allemande. La petite-fille de Tolstoï, Sofiâ Andreeva Tolstaâ-Esenina (1900-1957), est alors la directrice du domaine (1). Elle est épaulée par le directeur du musée, Sergej Ivanovič Ŝegolev (mort en 1946). Le 13 octobre 1941, ils organisent l’évacuation de 110 pièces, meubles et objets d’arts vers Moscou, qui seront ensuite dirigés vers Tomsk.

Iasnaïa Poliana fut occupée par les armées allemandes durant 45 jours. Sergej Ivanovič Ŝegolev  décide de rester sur place. Son journal donne de précieuses informations sur les exactions de l’occupant sur le domaine.

La maison de Tolstoï fut incendiée, mais le feu, heureusement, fut contenu grâce à Ŝegolev   et à sa soeur. C’est grâce à eux que la propriété ne fut pas entièrement détruite. Le 15 décembre 1941, Iasnaïa Poliana est libérée.

Dès le mois de mai 1942, les restaurateurs sont à l’œuvre et le domaine rouvre en mai 1945.

 

(1) C’est également la veuve du poète Sergej Esenin, qu’elle épousa quelques mois avant son suicide.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 09:48

On considère que les premiers mois de la guerre furent désastreux pour l’Armée rouge, qui alla de défaites en encerclements massifs. Si l’été 1941 est bel et bien catastrophique pour l’URSS, il n’entame pas l’esprit de résistance contre l’Allemagne nazie. On peut se reporter au très beau roman de Vasilij Grossman « Le Peuple est immortel »link.

 

Les combattants de l’Armée rouge, dès les premières heures de la guerre, ont annoncé aux envahisseurs que la guerre ne serait pas une promenade militaire. Les défenseurs de la forteresse de Brest-Litovsk, située à la frontière, sont les premiers sur le chemin des armées allemandes (Brest est aujourd’hui située à la frontière polono-biélorusse). Ils opposent une résistance acharnée qui a duré plus d’un mois. Un film qui vient de sortir en Russie rappelle cette première bataille de la guerre. Voici la bande-annonce

 

 

« Je meurs, mais je ne me rends pas »

La forteresse de Brest est édifiée entre 1833 et 1842, pour garder le passage de la rivière Bug. Elle contrôle la route et le chemin de fer Varsovie-Moscou. C’est donc un des premiers objectifs de l’opération Barbarossa, déclanchée le 22 juin 1941 au petit matin. Le plan allemand prévoit 12 heures pour s’emparer de la ville et de la forteresse.

La forteresse est défendue par la 6e et la 12e divisions d’infanterie de l’Armée rouge, le 17e détachement des gardes-frontière du NKVD ainsi que quelques autres unités, dont l’hôpital de la garnison. Une partie de la population civile y trouve refuge. On compte en tout environ 7000 à 8000 hommes. En face, l’assaut est mené par les 17000 hommes de la 45e division d’infanterie du général Fritz Schliper.

 

La forteresse se trouve encerclée dès le 22 juin à 9 heures du matin. Les défenseurs refusent de se rendre et coordonnent leur résistance. Par le « décret n°1 » daté du 24 juin, ils fondent leurs différentes unités en un seul groupe armé, doté d’un état major unifié commandé par le capitaine Ivan Nikolaevič Zubačev, qui se donne pour adjoint le commissaire politique Efim Moiseevič Fomin. Zubačev et Fomin sont faits prisonniers le 30 juin, après l’offensive allemande sur la citadelle centrale de la forteresse, dont la résistance est liquidée. Zubačev mourra dans le camp de concentration de Hammelburg en 1944. Fomin est exécuté sur place, en application d’un ordre d’Hitler décrétant que les commissaires politiques et les membres du Parti Communiste faits prisonniers doivent être éliminés séance tenante. Un autre noyau de résistance, commandée par le général Petr Mihajlovič Gavrilov commande un groupe de 400 hommes, isolé de la citadelle principale. Après le 30 juin, Gavrilov se retranche dans les casemates de la forteresse avec en tout et pour tout 12 hommes. Ils vont tenir 3 semaines. Le 20 juillet, ils inscrivent sur un des murs : « Je meurs, mais je ne me rends pas. Adieu, ma patrie. 20-VII-1941 ». L’inscription est aujourd’hui exposée au musée des forces armées à Moscou.

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