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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 18:37

 

Les restes supposés de l’empereur Ivan VI, découverts en septembre dernier, ont été inhumés à Holmogory (oblast d’Arhangelsk).

Ces restes ont été découverts dans une église de Holmogory. On les a attribué à Ivan VI, le seul empereur russe dont la tombe était jusqu’ici inconnue. Cette nouvelle inhumation est provisoire, en attente de l’expertise génétique, qui doit déterminer si oui ou non les ossements appartiennent à la ci-devant famille impériale. Le squelette porte les traces d’un couteau à six lames et d’un stylet.

Tous les empereurs (titre porté en Russie à partir de 1721) se trouvent dans l’église de la forteresse Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg, à l’exception de Pierre II (qui régna de 1727 à 1730), qui est enterré à Moscou, dans une des églises du Kremlin.

 

Ivan VI (Ioann Antonovič), né en 1739, est le fils de la grande duchesse Anna Leopol’dovna et d’Anton Ulrich von Braunschweig-Wolfenbüttel. A la mort de l’impératrice Anna Ivanovna, le 17 octobre 1740, il est proclamé empereur. Selon la loi russe de succession, l’empereur (ou en l’occurrence l’impératrice) nomme son successeur au sein de la famille impériale.

Quelques jours avant sa mort, l’impératrice décide de lui donner comme régent son favori, le duc de Courlande, Biron. Ce dernier à une réputation de cruauté et de fatuité. Cette décision est prise sur le conseil du « cabinet-ministre », Aleksej Petrovič Bestužev-Rûmin, avec l’accord du Cabinet des ministres.

Le manifeste du 17 octobre 1740 annonce le décès de l’impératrice et la prise du pouvoir par Biron. Trois semaines plus tard, le duc, honni par la majeure partie de la société politique russe, est arrêté avec l’accord de la grande-duchesse Anna Leopol’dovna. Le régent déchu, condamné à mort, voit sa peine commuée en relégation à vie à Pelym, en Sibérie. Anna Leopol’dovna devient régente jusqu’à la majorité de son fils.

La nouvelle régente semble en réalité peu intéressée par les affaires politiques. Ses conseillers se disputent le pouvoir. Une mesure importante est prise cependant à l’initiative du premier ministre, le feld-maréchal Minih, connue sous le nom de « Règlement des fabriques », qui fixe les relations entre les ouvriers et les propriétaires de fabriques : la journée de travail ne doit pas excéder 15 heures, le salaire varie entre 18 et 50 roubles par an et les fabriques doivent disposer d’un hôpital. Les châtiments corporels sont autorisés, à l’exception du knout.

Sur la scène internationale, le règne d’Ivan VI est marqué par la mort de l’empereur Charles VI. Certains états européens contestent le fait que sa fille Marie-Thérèse monte sur le trône. Par le jeu des alliances et des inimitiés, l’Europe entière entre dans la « guerre de succession d’Autriche ». La Prusse de Frédéric II envahit la Silésie. Minih défend l’idée d’une alliance avec la Prusse, en pensant surtout à l’appui qu’elle pourrait fournir à la Russie contre la Suède –qui contrôle alors la Finlande. En juin 1741, la Suède déclare la guerre à la Russie. Les troupes russes battent les Suédois.

Les querelles intestines, la lassitude envers ce qui est considéré comme une mainmise allemande sur l’État et l’indifférence de la régente aux affaires publiques fragilisent le gouvernement. Le 25 novembre 1741, un coup d’État porte au pouvoir la dernière fille de Pierre le Grand, Élisabeth.

 

Ivan VI et sa mère sont alors relégués à Holmogory. L’empereur déposé est ensuite enfermé à la forteresse de Schlisselburg, sous le nom de « prisonnier numéro 1 ». En 1764, il est assassiné par ses geôliers suite à une tentative de coup d’État contre Catherine II visant à le restaurer.

 

L’indentification proposée pour les ossements découverts est contestée. Les fouilles ont été menées pour le compte de l’homme d’affaires Anatolij Karanin. L’institut d’archéologie de l’Académie des sciences est sceptique sur l’attribution du squelette. On sait qu’Ivan VI fut tué à Schlisselburg. Pourquoi l’aurait-on inhumé sur son ancien lieu de détention ?

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