Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Histoire soviétique
  • : Sur l'histoire de la Russie et de l'Union soviétique
  • Contact

Translittération du cyrillique

Ce blog utilise le système international de translittération de l'alphabet cyrillique ISO 9 : 1995 link

Recherche

Archives

8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 16:03

Une petite excursion dans le domaine de l’histoire littéraire.

Il y a quelques jours, le 3 décembre, c’était l’anniversaire de la mort de Galina Arturovna Benislavskaya, secrétaire et amie du poète Sergueï Essenine. Elle s’est suicidée à l’âge de 29 ans sur la tombe de ce dernier le 3 décembre 1928.

 433px--------------_------_-------.jpg

Voici une traduction du récit de sa jeunesse par son amie Kozlovskaya.

« La mère de Galina était géorgienne, son père, un français russifié, Carrière. Comme sa mère fut atteinte de maladie nerveuse, sa sœur, Nina Karpova Zubova (du nom de son premier mari), médecin de profession, décida de prendre Galia chez elle et de l’adopter. Son mari, également médecin, Artur Kazimirovitch Benislavskij devient le père d’adoption de Galia. Il l’aimait beaucoup et l’entourait d’attention et de soins. Je me suis liée d’amitié avec Galia à partir de la 4e classe du lycée et le suis restée jusqu’à sa mort. Sous mon influence et celle de mes parents (c’étaient de vieux bolcheviques), Galia adhéra au parti en mai 1917. Elle termina le lycée en 1917 et essaya de gagner sa vie (des divergences politiques étaient apparues entre elle et ses parents d’adoption). Elle partit à Kharkov et s’y inscrivit à l’unique faculté de l’université. Les Blancs ont bientôt occupé Kharkov [n d. t. le 25 juin 1919]. Galya rêva de sortir de la ville et de essaya de rejoindre les armées soviétiques. Les Blancs l’ont arrêtée et le hasard la sauva. Quand ils emmenèrent Galia au quartier général des Blancs, elle tomba de manière complètement inattendue sur son père adoptif Benislavskij. Il déclara qu’elle était sa fille et elle fut alors libérée. Elle demanda ensuite à Benislavskij son aide pour lui faire traverser la ligne de front. Et bien qu’il ne partageât pas ses vues, l’amour pour sa fille adoptive l’emporta chez lui. Il lui fournit un certificat de sœur de charité de l’armée des Volontaires [n. t. d. : l’armée blanche]. Elle parvint à nos lignes avec ce certificat et y fut arrêtée par les nôtres. Le certificat de sœur de charité éveilla les soupçons. Mon père, qu’elle prit à témoin, la tira d’embarras. Il envoya un télégramme dans lequel il disait qu’elle était membre du parti et dévouée à la révolution. Arrivée à Moscou, elle commença à travailler à la Tcheka, chez Krylenko. Mon père la lui recommanda. Galia y travailla de 1919 à 1923. [n d. t. Nikolaï Krylenko, qui devint commissaire du peuple à la justice d’URSS de 1936 à 1938 avant d’être fusillé, est à cette époque président du Tribunal révolutionnaire suprême]. En 1923, elle changea de travail pour travailler au journal « Bednota », où j’étais secrétaire de la rédaction. Elle y travailla jusqu’à la fin de sa vie » (paru dans le journal « Literaturnaya Gruzya, 1969, n°5-6).

 

Benislavskaya fréquente les cercles littéraires à Moscou et fait la connaissance de Sergueï Essenine fin 1920. Après son retour de l’étranger, le poète emménage chez elle. Après le mariage de Essenine, elle fait une dépression nerveuse et se suicide sur la tombe du poète le 3 décembre 1926 en laissant ces mots : « 3 décembre 1926. Je me suicide ici, même si je sais qu’ensuite on agonira encore plus Essenine d’injures. Mais, à lui comme à moi cela nous est égal. Dans cette tombe est ce que j’ai de plus cher ».

Benislavskaya et Essenine sont surtout proches en 1924 et au début 1925. Durant cette période, elle tient le rôle de secrétaire littéraire auprès du poète et s’occupe de ses relations avec ses éditeurs. Secrétaire littéraire oui, conseillère littéraire non. Essenine la rabroue assez vertement lorsque qu’elle se hasarde dans ce domaine. Il lui écrit par exemple : « Ne me dites pas ces mots insensés comme quoi j’aurais cessé de travailler mes vers. Pas du tout. Au contraire, je suis devenu encore plus exigeant pour la forme. Je m’approche de la simplicité » [à propos de Poèmes sur 36]. Elle concevait ses relations avec Essenine comme exclusives et accuse ses amis de vouloir le séparer d’elle. Elle laisse des Mémoires sur Essenine inachevés. 

Partager cet article

Repost 0

commentaires