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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 11:44

Le tribunal administratif suprême d’Ukraine (VASU) vient de prendre une décision salutaire en déclarant illégal le décret de l’ancien président Viktor Ûŝenko qui avait décerné à deux criminels collaborationnistes pro-nazis notoires, Stepan Bandera et Roman Šuhevič, la distinction de « héros de l’Ukraine ». La justification officielle de cette décision est que ni l’un, ni l’autre ne furent citoyens ukrainiens.

Le VASU confirme en appel un arrêt du tribunal administratif d’appel du Donesk rendu en avril 2010. Les députés de l’assemblée législative de Crimée avaient également voté une déclaration condamnant la décision de Ûŝenko.

Le tribunal administratif suprême vient donc d’annuler une des décisions les plus choquantes et les plus symboliques que l’ancien président avait prises à la grande satisfaction des organisations nationalistes ukrainiennes. Le décret de Ûŝenko accordant à Bandera et à Šuhevič le titre de « héros de l’Ukraine », pris en octobre 2007, fut condamné par le centre Simon Wiesenthal.

 

Bandera était un des dirigeants de l’OUN (Organisation des Nationalistes Ukrainiens) et après la scission de 1940 de l’OUN, chef de l’OUN-B (OUN-Bandera). Šuhevič dirigeait sa branche armée, l’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne). Pendant l’occupation nazie en Ukraine, ils se sont rendus coupables de nombreux massacres de Juifs et de Polonais (massacre des Polonais de Volhynie en 1943).

Dans les thèses du congrès constitutif de l’OUN-B on peut lire : « Les Juifs en URSS sont les soutiens les plus sûrs du régime dominateur des bolcheviques et l’avant-garde de l’impérialisme moscovite en Ukraine ».

Dans le manuel des services de sécurité de l’OUN-B, il est précisé :

« Il existe des éléments qui doivent être neutralisés pour l’instauration du nouvel ordre révolutionnaire en Ukraine. Ces éléments sont :

-         Les Ruskov (« Moskali ») envoyés sur les terres ukrainiennes pour renforcer la domination de Moscou en Ukraine

-         Les Youpins (« Židy »), tant individuellement que comme groupe national

-         Les étrangers (« Inozemci »), surtout les différents asiates que Moscou utilise pour coloniser l’Ukraine dans le but d’y briser sa cohérence nationale (littéralement : « y créer un échiquier national »).

-         Les Polonais, en Ukraine occidentale, qui n’ont pas renoncé au rêve d’instaurer une Grande Pologne précisément sur les terres ukrainiennes ».

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 18:39

 

Des ignorants ou des falsificateurs font reculer les bornes de l'odieux, en laissant croire que les crimes commis en Biélorussie durant la seconde guerre mondiale furent indifféremment commis par les nazis et les Soviétiques.

Il est temps de revenir quelque peu sur l'horreur de l'occupation nazie en Biélorussie, qui prit une toute autre mesure que les répressions staliniennes. 2 230 000 Biélorusses furent assassinés par les nazis durant les trois années d'occupation du pays. Cela représente le quart de la population.

 

Un recueil de documents témoignant de cette tragédie vient d'être publié à Minsk par les archives nationales biélorusses et par la fondation « Mémoire historique » (Moscou) sous le titre « La tragédie des villages biélorusses » (Трагедия белорусских деревень). Ces 212 documents, conservés aux Archives nationales biélorusses, sont des témoignages, des procès verbaux d'enquêtes réalisées par les unités de partisans durant la guerre puis par les autorités soviétiques après la libération. L'introduction, rédigée par V. D. Selemenev, archiviste en chef aux Archives nationales biélorusses, et N. V. Kirillova, rappelle les principales étapes de l'extermination. L'ensemble gagnerait à être traduit en anglais et en français.

Je reprends ici quelques éléments de l'introduction, pour illustrer ce que fut le joug nazi en Biélorussie.

En 1940, le plan nazi « Ost » prévoit la colonisation d'un large espace en Europe de l'Est d'où serait éliminée la population « de race inférieure ». Diverses directives de la première moitié de l'année 1941 blanchissent l'armée allemande de l'ensemble des crimes qu'elle commettra en URSS. On peut citer les « douze commandements de la conduite des armées allemandes à l'Est et leur relation avec les Russes » du 1er juin 1941. Le manuel du soldat allemand précise « Étouffe dans l'œuf toute pitié et tout sentiment de compassion. Tue chaque russe, chaque soviétique. Ne t'arrête pas, même si tu as devant toi un vieillard ou une femme, une petite fille ou un petit garçon ». Prenant prétexte de la lutte contre les partisans, les nazis commencent leur œuvre criminelle contre la population civile dès les premiers jours de l'occupation.

 

Au premier rang des victimes de l'occupation nazie figurent les Juifs. La République socialiste soviétique de Biélorussie compte, dans ses frontières de 1941, 1 million de Juifs. Ceux des régions orientales ont, dans une proportion importante, été évacués au début de la guerre. Mais la rapidité de l'avance allemande prend au piège les Juifs des régions occidentales et centrales. Les Einsatsgruppen A, B et C ainsi que la Wehrmacht commencent les massacres dès leur arrivée. On compte des milliers de victimes dès la première semaine de juillet 1941. Au cours du second semestre de 1941, la population juive de l'est et du sud du pays est exterminée pratiquement totalement. Rappelons que la moitié est de la Biélorussie occupée se trouve sous l'administration directe de la Wehrmarcht. Le pic de massacres fut atteint entre février 1942 et l'automne 1943. Plus de 550 000 juifs furent massacrés dans les régions centrales et occidentales du pays. Au cours de cette période les petits ghettos sont liquidés. Par exemple, le ghetto de Pinsk (ville du sud ouest du pays) fut liquidé sur un ordre d'Himmler du 27 octobre 1942. 26 000 personnes périrent, des mains de bataillons de police. La liquidation des ghettos importants de la Biélorussie centrale commence à la fin de l'année 1942. On estime que seuls 30 000 juifs (sur 1 million en 1941) survivent encore dans les ghettos à la fin de l'été 1943. Les derniers gros ghettos furent liquidés à l'automne 1943 : Białystok (aujourd'hui en Pologne), Glubokoe (dans le nord ouest), Lida (près de la frontière lituanienne). Les survivants du ghetto de Minsk sont fusillés le 23 octobre 1943. Les massacres se sont poursuivis jusqu'à la libération complète de la Biélorussie à l'été 1944 (liquidation des Juifs qui se cachent et des camps de concentration). Plus de 260 camps de concentration furent établis en Biélorussie. Au total, environ 80 000 personnes périrent dans le ghetto de Minsk, 58000 à Białystok et 22 000 à Brest. Presque 800 000 Juifs furent assassinés durant l'occupation nazie en Biélorussie. Ces chiffres viennent d'Ilya Altman, L'Holocauste et la résistance juive dans les territoires occupés de l'URSS : manuel pour étudiants, Moscou, 2002 (Холокост и еврейское сопротивление на оккупированной территории СССР: учебное пособие для студентов), p. 170-173.

 

Outre les Juifs, c'est l'ensemble de la population biélorusse qui fut victimes de la politique d'extermination nazie.

En juillet et en août 1941, au cours de l'opération « Marais du Pripiat » sont tuées 14000 personnes dans le sud du pays. En septembre et octobre, dans l'ouest, le centre et l'est, sont menées 10 opérations au cours de laquelle furent assassinées 7000 personnes. Les nazis pratiquent l'annihilation de villages entiers. Un décret du 18 novembre 1942 du chef de la police du Reichskommisariat d'Ostland, auquel est rattaché l'ouest et le centre de la Biélorussie occupée, précise : « l'expérience montre que les exécutions de masse et les incendies de villages sans liquidation totale ou déportation de leur population ont sur nous de mauvaises conséquences » (Archives nationales du Belarus, fonds 845, série 1, dossier 237, fol. 44-46, publié dans La tragédie des villages biélorusses, op. cit., p. 80-82).

En avril 1942, le rayon « Octobre » du voblast de Polésie, dans le sud-est, est totalement ravagé. En six jours, 13 villages sont détruits et 6500 personnes exterminées (rapport sur répressions allemandes contres les unités de partisans du rayon « octobre » du voblast de Polésie, 31 décembre 1945, ibid., fonds 1450, série 3, dossier 130, fol. 28-33, publié dans La tragédie des villages biélorusses, op. cit., p. 304-309). Du 25 août 1942 au 20 septembre 1942, l'opération « Fièvre des marais » est menée dans les régions de Minsk, de Brest et de Vitebsk. 10000 personnes furent tuées et plus de 1200 envoyées en travail forcé en Allemagne.

Le bataillon SS Dirlewanger à elle seule a exterminé plus de 200 villages et massacré plus de 120000 personnes. Son crime le plus connu fut commis, avec le 118e bataillon de police composé d'Ukrainiens, à Khatyn, à 70 km au nord de Minsk, le 22 mars 1943 (à ne pas confondre avec Katyn). Sur ce massacre, on peut se reporter au recueil de documents « Khatyn: tragédie et mémoire » (Хатынь: трагедия и память), publié en 2009 par les Archives nationales du Belarus.

A partir de 1943, les actions criminelles nazies sont renforcées avec l'aide de blindés et de l'aviation. Au cours de l'opération « Magie d'hiver », menée du 14 février au 30 mars 1943 contre les unités partisanes du nord du pays, 3500 civils sont massacrés par les nazis, 2000 envoyées en travail forcé en Allemagne et 1000 enfants sont déportés au camp de la mort de Salaspils, en Lettonie. 158 villages sont détruits lors de cette opération, parmi lesquels 45 ne furent jamais reconstruits. Dans le rayon d'Osveya, seuls 2 villages demeurent intacts.

Au cours de l'opération « Cottbus » en mai et juin 1943, dans le centre-est du pays, 10000 civils sont tués et 6000 déportés en Allemagne.

A partir de l'hiver 1943-1944, alors que l'Armée rouge commence à libérer l'est du pays, les nazis appliquent la tactique de la terre brûlée. Des commandos spéciaux de la Wehrmacht incendient les villages, massacrent ou déportent la population. Lors de l'opération « Fête de printemps », du 11 avril au 5 mai 1944, 7000 civils sont exterminés et 11000 déportés.

Au total, plus de 140 expéditions exterminatrices furent menées en Biélorussie de 1941 à 1944 par les nazis et leurs alliés. 5300 villages furent incendiés.

Les partisans soviétiques font ce qu'ils peuvent pour tenter de protéger la population civile. Dans la région de Brest (dans l'ouest du pays) fut par exemple organisé un groupe de combat dont c'était la tâche unique (décret du commandement des unités partisanes de la région de Brest, 6 juillet 1943, Archives nationales du Belarus, fonds 1450, série 4, dossier 365, fol. 53, publié dans La tragédie des villages biélorusses, op. cit., p. 193-194). C'est également un point évoqué dans la directive de Ponomarenko, secrétaire du comité central du Parti communiste biélorusse, aux responsables du parti clandestin et aux partisans du 21 septembre 1943 : « De toutes les forces et par tous les moyens protéger la population civile de l'extermination et de la réduction en esclavage. Aider le peuple à s'armer, à l'approche des Allemands, appeler à cacher ses biens, à se réfugier dans les bois et à emporter avec soi son bétail » (Archives nationales du Belarus, fonds 1333, série 1, dossier 12, fol. 25, publié dans La tragédie des villages biélorusses, op. cit., p. 215-217).

 

Voilà ce dont les Biélorusses furent libérés en 1944. On le voit bien, il y a une très nette différence entre l'occupation nazie et la période soviétique...

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 22:45

 

Voici une traduction d'un article d'Aleksandr Dûkov, directeur de la fondation « Mémoire historique » (Moscou) sur « l'État indépendant de Croatie » (en croate : Nezavisna Država Hrvatska), proclamé il y a 70 ans, le 10 avril 1941. Cette construction politique fasciste envoya des troupes sur le Front de l'Est contre l'Union soviétique. Nous aurons sans doute l'occasion de revenir sur la participation des croates fascistes à la guerre d'extermination en URSS.

Voir l'article original ici: link

 

Le crime impuni : le génocide oublié par l'Europe

 

Il y a 70 ans, en avril 1941, un nouvel état est apparu sur la carte politique du monde, "l'Etat indépendant de Croatie". Fondé sur les ruines de la Yougoslavie occupée par les armées allemandes et italiennes, cette fomation étatique n'a pas duré longtemps: à peine quatre horribles années. Horribles pour la population non croate: les Juifs, les Tsiganes et les Serbes.

 

Le chef de l'État indépendant de Croatie fut le leader de l'organisation radicale "Oustachi" Ante Pavelić. Les Oustachis étaient une organisation nationaliste typique pour l'Europe orientale de l'entre-deux-guerres : terroriste par ses méthodes (c'est notamment par les Oustachis que furent tués en 1934 le roi de Yougoslavie Alexandre et le ministre français des affaires étrangères Louis Barthou) et fasciste par son idéologie. En arrivant au pouvoir, Ante Pavelić s'en prit immédiatement la population non-croate : les Serbes et les Juifs.

Dans l'Etat de Croatie on dénombrait environ 6,5 millions d'habitants, parmi lesquels plus de 2 millions de Serbes (orthodoxes, à la différence des Croates catholiques) et 90 000 Juifs. Dès le 30 avril, fut publié un décret selon lequel les Serbes étaient contraints de porter un brassard bleu marqué de la lettre "P" ([initiale du mot croate n. d.t.] "orthodoxe") et les Juifs un brassard marqué de l'étoile de David. Dans le même temps, les Serbes et les Juifs sont privés de droits civiques. "Les Juifs et les Serbes ne sont pas des citoyens de l'Etat indépendant de Croatie, mais appartiennent à l'état, était-il dit dans les actes officiels. Seuls les Aryens possèdent des droits politiques". Les lieux publics de Croatie étaient marqués de panneaux "entrée intredite aux Serbes, aux Juifs, aux Tsiganes et aux chiens". Peu après commencèrent les expulsions de Serbes et de Juifs de Zagreb et les massacres de masse.

Des massacres furent perpétrés par les Oustachis dans toutes les provinces de Croatie : on tuait par centaines, par milliers les hommes et les femmes, les vieillards et les enfants. "Le 20 août 1941, les Oustachis ont arrété tous les hommes serbes de mon village et les ont conduits dans la foret voisine de Koprivnici, où ils les ont tués, se remémore un témoin des évènements. Puis est venu le tour de leur famille, qui fut tuée sur place. Ils ont violé les femmes et les jeunes filles, leur ont coupé les seins, ont empalé les enfants, ont écartelé les vieillards après leur avoir crevé les yeux".

Bien vite, les massacres décentralisés laissèrent place aux massacres centralisés, dans des "camps d'internement et de travail" fondés durant l'été et l'automne 1941. Le responsable de ces camps, le colonel Vjekoslav Luburić s'est vanté plus tard d'"avoir tué dans le camp de Jacenovac davantage de gens que l'empire ottoman durant toute la longue période d'occupation des pays européens". Le ministre croate de l'intérieur Andrje Artković a déclaré que dans le camp de Jacenovac furent tuées au total 700 000 personnes.

Les déclarations des témoins sur ce qui se passait dans les camps croates soulève l'écoeurement. " Luburić m'ordonna de lever la jambe droite. Je l'ai levée et il a mis un enfant en-dessous. "frappe!", m'ordonna-t-il. J'ai frappé de la jambe et ecrasé la tête de l'enfant".

Au total, sur le territoire de la Croatie entre 1941 et 1945 durent tués, d'après différentes estimations, de 750 000 à 1 million de Serbes, Juifs et Tsiganes. C'est un véritable génocide qui fut déclanché pour des raisons ethno-religieuses. Il est révélateur que dans la Slovénie voisine, partagée entre les zones d'occupation hongroise, italienne et allemande, un tel cauchemar n'eut pas lieu.

Le génocide ethno-religieux commis par les instances de l'Etat indépendant de Croatie est comparable aux crimes nazis en Pologne et dans les territoires occupés de l'Union soviétique. Cependant, les Oustachis avait une ligne politique propre, poursuivaient des objectifs politiques différents de ceux des nazis. Le génocide qu'ils ont commis n'est pas une branche du génocide nazi mais un crime contre l'humanité perpétré dans un processus propre.

Malheureusement, ce crime est resté pratiquement impuni. Le chef de l'État indépendant de Croatie, Ante Pavelić, mourut en décembre 1959 à Madrid, en ayant reçu une bénédiction personnelle du pape Jean XXIII. Le responsable des camps de la mort croates Vjekoslav Luburić, également réfugié à Madrid, mena une riche activité publique et éditoriale jusqu'à son assassinat en 1969 par un inconnu. Le ministre de l'intérieur Andrje Artković se réfugia aux USA, d'où il fut extradé vers la Yougoslavie seulement en 1986, peu avant sa mort. Un des idéologues du génocide, l'archevêque Alojzije Stepinac, qui dirigeait les aumoniers militaires des Oustachis, fut jugé en 1946; cependant il passa en tout et pour tout cinq ans en prison. En 1953, il reçu la dignité cardinalice et en 1998 fut élevé par le pape Jean-Paul II au rang des bienheureux, en dépit des protestations des organisations juives.

Est-ce qu'un jour le génocide des Serbes et des Juifs commis par les instances de l'état croate sera mis sur la place publique à l'échelle de l'Europe tout comme l'Holocauste ou le génocide des Arméniens?

Peut-être. Mais pas tout de suite.

 

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 15:36

Le 16 septembre, à la veille du 66e anniversaire de la libération de la ville, Brânsk élèvera un monument à la mémoire des Juifs victimes du fascisme, dans le cimetière central.

Un vaste projet mémoriel

Ce monument est construit dans le cadre du projet « vernut’ dostoinstvo » (« retrouver la dignité ») initié par le congrès des Juifs de Russie. Ce projet fut présenté le 12 août dernier à Moscou.

Ses objectifs sont d’identifier, de délimiter et d’ériger des monuments sur les lieux d’inhumation des victimes du fascisme. « Les limites du lieu d’inhumation doivent être délimitées précisément, ils doivent être clôturées et un mémorial érigé à leur emplacement », annonce le dossier de presse. Une dizaine d’inspecteurs sillonneront la Russie et les pays de l’ex-URSS pour identifier les lieux d’inhumation. Le dossier de presse souligne l’importance de garder la mémoire des victimes du fascisme : c’est une responsabilité internationale, surtout dans un contexte où « la xénophobie augmente dans divers pays de la planète et résonnent des appels à la révision du bilan de la seconde guerre mondiale ». La réhabilitation des collaborateurs pro-nazis dans divers pays d’Europe orientale est ici visée.

Les initiateurs du projet se placent sous le patronage posthume du Comité juif antifasciste. « Retrouver la dignité » fut présenté le jour anniversaire de l’exécution de 13 membres du Comité, le 12 août 1952, alors que Staline déclenche une campagne antisémite, parmi lesquels figurent les poètes David Gofštejn, Perec Markiš, Lejb Kvitko, Icik Fefer et l’écrivain David Bergel’son. Le lieu où ils furent enterrés est encore aujourd’hui inconnu.

Brânsk sous le joug fasciste

La ville de Brânsk (aujourd’hui 400 000 habitants, non loin des frontières de l’Ukraine et de la Biélorussie) fut prise par les Allemands le 6 octobre 1941 et libérée le 17 septembre 1943. La région connaît un mouvement partisan très puissant.

La ville de Brânsk possède 88 000 habitants en 1939, dont 5100 Juifs. La population juive qui n’a pas réussi à s’échapper est exterminée en août 1942. Après la guerre, on découvrit 7500 corps (de Juifs et de tsiganes) jetés dans 14 fosses communes.

Sources

- RIA Novostilink
- Fondation « Mémoire historique »link
- Slutsky, Yehuda. "Bryansk." Encyclopaedia Judaica. Eds. Michael Berenbaum et Fred Skolnik. Vol. 4. 2nd ed. Detroit: Macmillan Reference USA, 2007. 229. 22 vols. Gale Virtual Reference Library. Gale. Bibliothèque nationale de France. 21 Aug. 2009 

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 18:03

Troisième profanation en deux ans

Le mémorial du ghetto de Sluck (Слуцк), ville de 60000 habitants située à 100 km au sud de Minsk, a été profané dans la nuit du 25 au 26 juillet. Pour la troisième fois en deux ans, il a été recouvert de croix gammées et de slogans antisémites.

Le monument rappelle que les détenus du ghetto furent exécutés et brûlés par les fascistes le 8 février 1943. La ville de Sluck comptait avant la guerre une importante communauté juive. Elle fut occupée par les nazis de juillet 1941 à juin 1944. Au total, 26 000 à 30 000 personnes ont été tuées durant l’occupation dans la ville et ses environs.

Une importante communauté juive

La première mention d’une présence juive à Sluck date de 1583 et une communauté y réside depuis le début du XVIIe s. Ce fut un grand centre d’érudition et une des principales communautés de Biélorussie. La ville est annexée à la Russie lors du deuxième partage de la Pologne, en 1793. En 1897, 71% des 13000 habitants de la ville sont de confession juive. Le traducteur de Cholem Alecheimlink en hébreu,  Ichak Dov Berkovič (1885-1967), est originaire de Sluck. La guerre civile et la guerre russo-polonaise ont durement touché la ville. En 1926, la communauté juive compte 8358 membres (53% de la population de la ville).

Le ghetto et l'extermination

Les armées allemandes occupent Sluck dès le 5 juillet 1941 (13 jours après l’agression du 22 juin). Des centaines de Juifs ont cependant le temps de profiter des mesures d’évacuation d’urgence. Des centaines d’autres fuient à pied.

Les prémisses de l’extermination s’annoncent dès le mois de juillet 1941, lorsque la population est enregistrée et le port de l’étoile jaune imposé à la population juive. Un premier ghetto est fondé dès le mois de juillet. Les exécutions ne tardent guère à commencer : 500 personnes sont fusillées début octobre.

Mais le pire reste à venir. Les 27 et 28 octobre 1941, le 12e bataillon de police militaire composé de Lituaniens, formé à Kaunas et commandé par Antanas Impuliavičus, et le 3e bataillon de police militaire composé d’Allemands déclanchent un pogrom dans la ville. 500 personnes sont tuées. La sauvagerie du bataillon fut telle que l’administration d’occupation locale fut même contrainte à émettre quelques protestations (de pure forme). Les victimes du pogrom ne se comptent pas seulement parmi les Juifs.

Un second ghetto est construit ensuite. Le 5 février 1943, le chef du SD en Biélorussie, Eduard Strauch, ordonne l’extermination du ghetto de Sluck. Un bataillon de SS massacre les personnes qui y sont enfermées le 8 février 1943. 3000 personnes sont exécutées. 25 personnes parviennent à s’échapper et à rejoindre les partisans soviétiques.

Sluck fut libérée le 30 juin 1944.


Sources

- Site de l’association « Mémoire historique »link

- article de Nataliâ Vidlogaâ, du musée de Sluck, « la tragédie du ghetto de Sluck »link

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