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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 18:32
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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 16:03

 

Le 7 novembre dernier, c'était le 94e anniversaire de la Révolution d'Octobre. Rappelons au passage qu'en 1917, la Russie était au calendrier julien: la date du 7 novembre correspond au 25 octobre.

Des centaines et des centaines de litres d'encre ont été répandues pour reconstituer l'histoire et commenter cet événement qui, sans conteste, mérite de figurer comme l'un des évènements majeurs de l'histoire du XXe s. Tout et son contraire a été écrit. Tout et n'importe quoi. Mon objectif n'est ici pas de revenir ni sur les circonstances ni sur les conséquences de la Révolution d'Octobre. Si ce n'est pour dire qu'elle représenta un espoir majeur pour des millions de personnes exploitées par le système capitaliste et envoyés au tombeau par les responsables de la première guerre mondiale, cette grande boucherie impérialiste qui ravage alors la planète. Même si, aujourd'hui, il est facile d'écrire l'histoire a posteriori, de faire semblant de confondre, pour des motifs politiques, la révolution de 1917 et le cauchemar bureaucratique et policier de la dictature stalinienne, c'est un fait certain.

Alors, pourquoi commémorer encore aujourd'hui cette date du 7 novembre?

 

 

 

Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet. Il n'est pas question ici de défendre l'idée fausse que la Révolution de 1917 puisse servir de modèle encore aujourd'hui ni, encore moins, de défendre le régime qui en est issu, dont les premiers travers qui amenèrent la dictature stalinienne sont visibles dès les premières années du régime soviétique.

Cependant, il convient également de souligner le fait que les révolutionnaires de 1917 peuvent, encore aujourd'hui, apporter quelques leçons essentielles. Pour résumer, j'en exposerai brièvement deux.

 

La première est qu'il faut raisonner international. La Révolution russe fut conçue comme la première étape d'un changement mondial. C'est le sens de la dernière phrase de la résolution adoptée par le soviet de Pétrograd le soir de la révolution : « Le Soviet est convaincu que le prolétariat des pays d'Europe occidentale nous aidera à mener la cause du socialisme à une victoire totale et durable ».

 

La seconde est avancée par Lénine lui-même, dans son article « Les tâches de la révolution », paru dans le numéro des 25 et 26 septembre 1917 (9 et 10 octobre) du journal Rabotchij put' (la voie ouvrière). En période de crise, il faut faire de la politique de sorte à défendre la souveraineté populaire. C'est le seul moyen d'empêcher les forces de la réaction de profiter de la situation ou à l'État de se dissoudre totalement.

Lénine écrit :

« Laisser au pouvoir les représentants de la bourgeoisie, ne fût-ce qu'en petit nombre, y laisser des partisans de Kornilov aussi notoires que les généraux Alexéiev, Klembovski, Bagration, Gagarine et autres, ou des hommes qui ont montré leur totale impuissance devant la bourgeoisie et leur aptitude à agir en bonapartistes, tels que Kérenski, c'est ouvrir toute grande la porte d'une part à la famine et à la catastrophe économique inévitable, que les capitalistes accélèrent et aggravent sciemment, et, d'autre part, à la catastrophe militaire, car l'armée déteste le G.Q.G. et ne peut participer avec enthousiasme à une guerre impérialiste. De plus, les généraux et les officiers korniloviens, s'ils restent au pouvoir, sans nul doute, ouvriront sciemment le front aux Allemands, comme ils l'ont fait en Galicie et à Riga. Seule la formation d'un nouveau gouvernement reposant sur les nouveaux principes exposés ci-dessous peut prévenir cette catastrophe […] Le gouvernement des Soviets doit instituer sans délai le contrôle par les ouvriers de la production et de la consommation à l'échelle du pays tout entier. Sinon, ainsi que l'expérience nous l'a déjà montré depuis le 6 mai, toutes les promesses, toutes les tentatives de réforme sont vaines et la famine, accompagnée d'une catastrophe sans précédent, menace chaque semaine tout le pays ».

Face à l'incurie du gouvernement provisoire, à la légitimité très faible, et aux officiers tsaristes qui préfèrent voir l'État disparaître, il faut faire de la politique, dans un sens de salut public.

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 11:44

Le tribunal administratif suprême d’Ukraine (VASU) vient de prendre une décision salutaire en déclarant illégal le décret de l’ancien président Viktor Ûŝenko qui avait décerné à deux criminels collaborationnistes pro-nazis notoires, Stepan Bandera et Roman Šuhevič, la distinction de « héros de l’Ukraine ». La justification officielle de cette décision est que ni l’un, ni l’autre ne furent citoyens ukrainiens.

Le VASU confirme en appel un arrêt du tribunal administratif d’appel du Donesk rendu en avril 2010. Les députés de l’assemblée législative de Crimée avaient également voté une déclaration condamnant la décision de Ûŝenko.

Le tribunal administratif suprême vient donc d’annuler une des décisions les plus choquantes et les plus symboliques que l’ancien président avait prises à la grande satisfaction des organisations nationalistes ukrainiennes. Le décret de Ûŝenko accordant à Bandera et à Šuhevič le titre de « héros de l’Ukraine », pris en octobre 2007, fut condamné par le centre Simon Wiesenthal.

 

Bandera était un des dirigeants de l’OUN (Organisation des Nationalistes Ukrainiens) et après la scission de 1940 de l’OUN, chef de l’OUN-B (OUN-Bandera). Šuhevič dirigeait sa branche armée, l’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne). Pendant l’occupation nazie en Ukraine, ils se sont rendus coupables de nombreux massacres de Juifs et de Polonais (massacre des Polonais de Volhynie en 1943).

Dans les thèses du congrès constitutif de l’OUN-B on peut lire : « Les Juifs en URSS sont les soutiens les plus sûrs du régime dominateur des bolcheviques et l’avant-garde de l’impérialisme moscovite en Ukraine ».

Dans le manuel des services de sécurité de l’OUN-B, il est précisé :

« Il existe des éléments qui doivent être neutralisés pour l’instauration du nouvel ordre révolutionnaire en Ukraine. Ces éléments sont :

-         Les Ruskov (« Moskali ») envoyés sur les terres ukrainiennes pour renforcer la domination de Moscou en Ukraine

-         Les Youpins (« Židy »), tant individuellement que comme groupe national

-         Les étrangers (« Inozemci »), surtout les différents asiates que Moscou utilise pour coloniser l’Ukraine dans le but d’y briser sa cohérence nationale (littéralement : « y créer un échiquier national »).

-         Les Polonais, en Ukraine occidentale, qui n’ont pas renoncé au rêve d’instaurer une Grande Pologne précisément sur les terres ukrainiennes ».

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 22:07

 

Il y a 60 ans, le 26 juillet 1951, est découverte la première inscription sur écorce de bouleau lors d'une fouille archéologique à Novgorod. C'est le début de nombreuses mises au jour (qui continuent encore) d'une source capitale pour l'étude de l'histoire économique, sociale et linguistique de la Russie médiévale.

On sait depuis longtemps que le bouleau était utilisé comme support d'écriture. Joseph de Volokolamsk (1439/40-1515) témoigne que les livres du monastère de Serge de Radonej ne sont pas écrit sur du parchemin mais sur de l'écorce de bouleau. En 1930, des kolkhoziens ont découvert sur les rives de la Volga une collection d'inscriptions sur écorce de bouleau de la Horde d'Or du XIVe siècle.

La découverte des premières inscriptions sur écorce de bouleau issues de la Russie médiévale est due aux campagnes de fouilles archéologiques menées à Novgorod à partir des années 1930 sous la direction d'Artemij Vladimirovič Arcirovskij (1902-1978). Ce grand archéologue établira les premières éditions des inscriptions sur écorce de bouleau. La première à être découverte, le 26 juillet 1951, « gramota 1 », est une liste d'obligations féodales dues à un certain Foma.

On connaît aujourd'hui 1104 inscriptions de ce type, qui sont encore régulièrement mises à jour. Leur origine géographique se répartit de la manière suivante:

 

Lieu de découverte

Nombre

Novgorod

1005 + 1 icône

Staraya Russa

41

Torjok

19

Pskov

8

Smolensk

15

Vitebsk

1

Mtislsavl

1

Tver

5

Moscou

3

Staraya Ryazan

1

Nijni-Novgorod

1

Zvenigorod en Galicie

3

 

L'étude de ces inscriptions sur bouleau a ouvert (et continue d'ouvrir) de nouvelles perspectives de recherches sur l'histoire de la Russie médiévale. On estime qu'environ 20 000 inscriptions de ce type ont été produites au total. Elles datent entre le début du XIe s. et le milieu du XVe s., lorsque le papier a remplacé le bouleau comme support d'écriture, dont près de la moitié datent de la période pré-mongole. Les inscriptions sur bouleau sont une source capitale cette période, pour laquelle, en termes de sources écrites directes, les historiens ne disposaient auparavant que de quelques documents sur parchemin épars et qui ne sont pas antérieurs au XIIIe s. : une copie des années 1230 de lettres patentes (жалованная грамота) du grand prince de Kiev Mstislav Vladimirovič (qui régna de 1125 à 1132), une lettre ecclésiastique de Varlaam de Khutin (igoumène du monastère de la Transfiguration de Novgorod mort en 1193) et un règlement commercial de Smolensk. Une telle pénurie n'est pas due à la pauvreté de la culture écrite de la Russie kiévienne. Mais, rappelons que la quasi totalité des bâtiments de cette époque étaient en bois, donc sujets à disparaître par incendie régulièrement. De plus, le rôle essentiel du bois dépasse celui de matériau de construction. Il est normal qu'il fut utilisé comme support d'écriture plus volontiers que le parchemin, beaucoup plus rare et cher. L'autre source écrite d'importance, les chroniques, se rapportent à la grande politique. Il est impossible de les utiliser comme sources pour étudier, par exemple, les rapports sociaux au sein de la ville de Novgorod. Avec les inscriptions sur écorce de bouleau, il est possible d'étudier assez finement la stratification sociale de la ville, voire d'en faire une enquête prosopographique.

Les thèmes abordés sont très divers: mesures économiques, rapports politiques, affaires judiciaires, demandes courantes, revendications paysannes, commandes artistiques, lettres d'amour, prières pour le rétablissement d'un malade...

Leur étude montre que la pratique de l'écrit à Novgorod est assez répandu et courant. On garde par exemple les exercices scolaires d'un certain Onfim, jeune garçon du XIIIe s.

On voit apparaître la stratification sociale et l'étendu des propriétés des boyards ainsi que leur transmission. On peut reconstituer l'environnement relationnel de nombreux habitants, voire des généalogies familiales. C'est ainsi que l'étude des inscriptions a fait émerger l'histoire de la famille Mišinič, qui joua un rôle influent à Novgorod aux XIIIe et XIVe siècles : Mihail Mihailovič, posadnik (chef des boyards, élu par eux, il gouverne la ville conjointement avec le prince) en 1273 et 1274, Ûrij Mihailovič, posadnik en 1290, Varfolomej Ûr'evič, posadnik en 1331, Matvej Varfomomeevič, posadnik en 1345 ou encore Ancifer Lukič, posadnik en 1350.

La topographie de la ville peut être retracée avec précision. L'importance des propriétés des boyards ressort. Elles sont globalement stables du XIe au XVe siècle et hébergent la production artisanale. L'emprise des boyards empêche la constitution de corporations.

 

L'étude des inscriptions sur écorce de bouleau permet en outre de retracer l'évolution d'une langue vivante. Les aspects dialectaux de la langue de Novgorod par rapport à l'ancien russe « standard » (celui de la cour et des chroniques) sont importants.

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 18:39

 

Des ignorants ou des falsificateurs font reculer les bornes de l'odieux, en laissant croire que les crimes commis en Biélorussie durant la seconde guerre mondiale furent indifféremment commis par les nazis et les Soviétiques.

Il est temps de revenir quelque peu sur l'horreur de l'occupation nazie en Biélorussie, qui prit une toute autre mesure que les répressions staliniennes. 2 230 000 Biélorusses furent assassinés par les nazis durant les trois années d'occupation du pays. Cela représente le quart de la population.

 

Un recueil de documents témoignant de cette tragédie vient d'être publié à Minsk par les archives nationales biélorusses et par la fondation « Mémoire historique » (Moscou) sous le titre « La tragédie des villages biélorusses » (Трагедия белорусских деревень). Ces 212 documents, conservés aux Archives nationales biélorusses, sont des témoignages, des procès verbaux d'enquêtes réalisées par les unités de partisans durant la guerre puis par les autorités soviétiques après la libération. L'introduction, rédigée par V. D. Selemenev, archiviste en chef aux Archives nationales biélorusses, et N. V. Kirillova, rappelle les principales étapes de l'extermination. L'ensemble gagnerait à être traduit en anglais et en français.

Je reprends ici quelques éléments de l'introduction, pour illustrer ce que fut le joug nazi en Biélorussie.

En 1940, le plan nazi « Ost » prévoit la colonisation d'un large espace en Europe de l'Est d'où serait éliminée la population « de race inférieure ». Diverses directives de la première moitié de l'année 1941 blanchissent l'armée allemande de l'ensemble des crimes qu'elle commettra en URSS. On peut citer les « douze commandements de la conduite des armées allemandes à l'Est et leur relation avec les Russes » du 1er juin 1941. Le manuel du soldat allemand précise « Étouffe dans l'œuf toute pitié et tout sentiment de compassion. Tue chaque russe, chaque soviétique. Ne t'arrête pas, même si tu as devant toi un vieillard ou une femme, une petite fille ou un petit garçon ». Prenant prétexte de la lutte contre les partisans, les nazis commencent leur œuvre criminelle contre la population civile dès les premiers jours de l'occupation.

 

Au premier rang des victimes de l'occupation nazie figurent les Juifs. La République socialiste soviétique de Biélorussie compte, dans ses frontières de 1941, 1 million de Juifs. Ceux des régions orientales ont, dans une proportion importante, été évacués au début de la guerre. Mais la rapidité de l'avance allemande prend au piège les Juifs des régions occidentales et centrales. Les Einsatsgruppen A, B et C ainsi que la Wehrmacht commencent les massacres dès leur arrivée. On compte des milliers de victimes dès la première semaine de juillet 1941. Au cours du second semestre de 1941, la population juive de l'est et du sud du pays est exterminée pratiquement totalement. Rappelons que la moitié est de la Biélorussie occupée se trouve sous l'administration directe de la Wehrmarcht. Le pic de massacres fut atteint entre février 1942 et l'automne 1943. Plus de 550 000 juifs furent massacrés dans les régions centrales et occidentales du pays. Au cours de cette période les petits ghettos sont liquidés. Par exemple, le ghetto de Pinsk (ville du sud ouest du pays) fut liquidé sur un ordre d'Himmler du 27 octobre 1942. 26 000 personnes périrent, des mains de bataillons de police. La liquidation des ghettos importants de la Biélorussie centrale commence à la fin de l'année 1942. On estime que seuls 30 000 juifs (sur 1 million en 1941) survivent encore dans les ghettos à la fin de l'été 1943. Les derniers gros ghettos furent liquidés à l'automne 1943 : Białystok (aujourd'hui en Pologne), Glubokoe (dans le nord ouest), Lida (près de la frontière lituanienne). Les survivants du ghetto de Minsk sont fusillés le 23 octobre 1943. Les massacres se sont poursuivis jusqu'à la libération complète de la Biélorussie à l'été 1944 (liquidation des Juifs qui se cachent et des camps de concentration). Plus de 260 camps de concentration furent établis en Biélorussie. Au total, environ 80 000 personnes périrent dans le ghetto de Minsk, 58000 à Białystok et 22 000 à Brest. Presque 800 000 Juifs furent assassinés durant l'occupation nazie en Biélorussie. Ces chiffres viennent d'Ilya Altman, L'Holocauste et la résistance juive dans les territoires occupés de l'URSS : manuel pour étudiants, Moscou, 2002 (Холокост и еврейское сопротивление на оккупированной территории СССР: учебное пособие для студентов), p. 170-173.

 

Outre les Juifs, c'est l'ensemble de la population biélorusse qui fut victimes de la politique d'extermination nazie.

En juillet et en août 1941, au cours de l'opération « Marais du Pripiat » sont tuées 14000 personnes dans le sud du pays. En septembre et octobre, dans l'ouest, le centre et l'est, sont menées 10 opérations au cours de laquelle furent assassinées 7000 personnes. Les nazis pratiquent l'annihilation de villages entiers. Un décret du 18 novembre 1942 du chef de la police du Reichskommisariat d'Ostland, auquel est rattaché l'ouest et le centre de la Biélorussie occupée, précise : « l'expérience montre que les exécutions de masse et les incendies de villages sans liquidation totale ou déportation de leur population ont sur nous de mauvaises conséquences » (Archives nationales du Belarus, fonds 845, série 1, dossier 237, fol. 44-46, publié dans La tragédie des villages biélorusses, op. cit., p. 80-82).

En avril 1942, le rayon « Octobre » du voblast de Polésie, dans le sud-est, est totalement ravagé. En six jours, 13 villages sont détruits et 6500 personnes exterminées (rapport sur répressions allemandes contres les unités de partisans du rayon « octobre » du voblast de Polésie, 31 décembre 1945, ibid., fonds 1450, série 3, dossier 130, fol. 28-33, publié dans La tragédie des villages biélorusses, op. cit., p. 304-309). Du 25 août 1942 au 20 septembre 1942, l'opération « Fièvre des marais » est menée dans les régions de Minsk, de Brest et de Vitebsk. 10000 personnes furent tuées et plus de 1200 envoyées en travail forcé en Allemagne.

Le bataillon SS Dirlewanger à elle seule a exterminé plus de 200 villages et massacré plus de 120000 personnes. Son crime le plus connu fut commis, avec le 118e bataillon de police composé d'Ukrainiens, à Khatyn, à 70 km au nord de Minsk, le 22 mars 1943 (à ne pas confondre avec Katyn). Sur ce massacre, on peut se reporter au recueil de documents « Khatyn: tragédie et mémoire » (Хатынь: трагедия и память), publié en 2009 par les Archives nationales du Belarus.

A partir de 1943, les actions criminelles nazies sont renforcées avec l'aide de blindés et de l'aviation. Au cours de l'opération « Magie d'hiver », menée du 14 février au 30 mars 1943 contre les unités partisanes du nord du pays, 3500 civils sont massacrés par les nazis, 2000 envoyées en travail forcé en Allemagne et 1000 enfants sont déportés au camp de la mort de Salaspils, en Lettonie. 158 villages sont détruits lors de cette opération, parmi lesquels 45 ne furent jamais reconstruits. Dans le rayon d'Osveya, seuls 2 villages demeurent intacts.

Au cours de l'opération « Cottbus » en mai et juin 1943, dans le centre-est du pays, 10000 civils sont tués et 6000 déportés en Allemagne.

A partir de l'hiver 1943-1944, alors que l'Armée rouge commence à libérer l'est du pays, les nazis appliquent la tactique de la terre brûlée. Des commandos spéciaux de la Wehrmacht incendient les villages, massacrent ou déportent la population. Lors de l'opération « Fête de printemps », du 11 avril au 5 mai 1944, 7000 civils sont exterminés et 11000 déportés.

Au total, plus de 140 expéditions exterminatrices furent menées en Biélorussie de 1941 à 1944 par les nazis et leurs alliés. 5300 villages furent incendiés.

Les partisans soviétiques font ce qu'ils peuvent pour tenter de protéger la population civile. Dans la région de Brest (dans l'ouest du pays) fut par exemple organisé un groupe de combat dont c'était la tâche unique (décret du commandement des unités partisanes de la région de Brest, 6 juillet 1943, Archives nationales du Belarus, fonds 1450, série 4, dossier 365, fol. 53, publié dans La tragédie des villages biélorusses, op. cit., p. 193-194). C'est également un point évoqué dans la directive de Ponomarenko, secrétaire du comité central du Parti communiste biélorusse, aux responsables du parti clandestin et aux partisans du 21 septembre 1943 : « De toutes les forces et par tous les moyens protéger la population civile de l'extermination et de la réduction en esclavage. Aider le peuple à s'armer, à l'approche des Allemands, appeler à cacher ses biens, à se réfugier dans les bois et à emporter avec soi son bétail » (Archives nationales du Belarus, fonds 1333, série 1, dossier 12, fol. 25, publié dans La tragédie des villages biélorusses, op. cit., p. 215-217).

 

Voilà ce dont les Biélorusses furent libérés en 1944. On le voit bien, il y a une très nette différence entre l'occupation nazie et la période soviétique...

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 21:38

 

« Guerre sans précédent : l'ennemi foulait aux pieds toute la vie du peuple; il abattait les croix dans les cimetières où des êtres chéris sont enterrés; il brûlait les livres d'enfants, il piétinait les vergers où les grands-pères avaient planté les pommiers et les cerisiers; il posait le pied sur le cou des vieilles grands-mères qui racontaient aux gosses l'histoire du coq à crête rouge; il faisait pendre les tonneliers, les forgerons, les vieux gardiens ronchonneurs. L'Ukraine, la Biélorussie et la Russie n'avaient jamais entendu pareille chose. Pareille chose ne s'était jamais vue en terre soviétique ».

C'est dans ces termes que le grand écrivain Vassili Grossman évoque, dans son roman Le peuple est immortel, l'invasion de l'URSS par les troupes allemandes et leurs alliés (Italie, Hongrie, Roumanie, Finlande, Slovaquie, Croatie, nationalistes ukrainiens, lettons, lituaniens et estoniens, volontaires fascistes français, espagnols, danois, belges...). Cette guerre a débuté il y a aujourd'hui 70 ans, le 22 juin 1941.

Cette guerre n'est pas une guerre traditionnelle. C'est une guerre raciste, une guerre d'extermination contre les peuples de l'URSS, contre les Juifs. 27 millions de Soviétiques ont été tués par les nazis, au combat, dans les camps de prisonniers, dans les camps de concentration et d'extermination, au cours des innombrables opérations criminelles menés dans les territoires soviétiques qu'ils ont occupés entre 1941 et 1945, du fait des privations à l'arrière du front ou à Leningrad assiégé pendant 872 jours. La Biélorussie a perdu le quart de sa population. Près de 700 villages y ont été incendiés. 700 Ouradour sur Glane. Cette politique d'extermination de la population s'accompagne en outre du transfert en Allemagne ou de la destruction de la force industrielle et des biens culturels (oeuvres d'arts, bibliothèques, archives, palais, maisons d'écrivains). C'est l'annihilation de peuples entiers, de leur population, de leur histoire que visaient les chefs nazis et leurs alliés. C'est la colonisation des terres soviétiques que recherchaient Hitler et ses complices.

Cet aspect de la seconde guerre mondiale est assez peu connu en Occident à une échelle de masse. La guerre menée par Hitler contre l'URSS est LA guerre du nazisme, celle qu'il annonçait dans Mein Kampf comme le couronnement de son œuvre, comme la condition sine qua non de l'instauration du nouvel ordre fasciste sur l'Europe.

Aujourd'hui, il est de bon ton de renvoyer dos à dos les régimes nazi et stalinien, quand ce n'est pas le nazisme et le communisme. Bien sûr le régime stalinien fut un cauchemar bureaucratique et policier. Bien sûr il faut mener des enquêtes historiques scientifiques sur les crimes qu'il a commis. Bien sûr il y eut le pacte germano-soviétique et Katyn. Mais dire que l'URSS et l'Allemagne nazie furent les deux facettes d'une même hydre, le totalitarisme, revient à relativiser le caractère intrinsèquement génocidaire du régime hitlérien. C'est du révisionnisme.

Les nazis et leurs alliés ont considéré l'URSS comme leur principal ennemi. Pour preuve, en avril 1945, les restes de la Wehrmacht se concentrent contre l'Armée rouge tandis que les troupes allemandes sur le front ouest se rendent en masse. Le 9 mai 1945, encore, les Allemands résistent en Courlande et à Prague, contre l'Armée rouge.

Derrière les nazis s'engagent tous les collaborateurs de l'Europe, dans les pays alliés, vassaux ou occupés par l'Allemagne. Cette guerre est pour eux l'aboutissement d'une politique antisoviétique et anticommuniste dont les racines sont anciennes. Les « journalistes » de « Je suis partout », Brasillach, Rabatet, Cousteau y trouvent le couronnement de leur engagement politique de droite.

La résistance des peuples soviétiques, de l'Armée rouge, des partisans, permit de stopper l'avance nazie. Après avoir tremblé à l'automne 1941 et à l'été 1942, l'URSS ne s'est pas effondrée. Elle est sortie victorieuse de cette lutte à mort. Elle a refoulé l'envahisseur et libéré l'Europe centrale et orientale du nazisme. Elle a pris Berlin et mis fin du régime hitlérien. Dire cela n'enlève rien au rôle des alliés occidentaux et des forces de résistance dans le reste de l'Europe, en Afrique, en Asie. Mais sans l'URSS, il n'y aurait pas eu de victoire alliée en Europe, ou alors bien après 1945.

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