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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 22:26

La dernière bataille majeure de la seconde guerre mondiale en Europe fut l’insurrection et la libération de Prague, le 9 mai 1945.

 

L’insurrection de Prague commence le 5 mai 1945, sous la direction du Conseil National Tchèque, où étaient représentés aussi bien des pro-occidentaux que des pro-soviétiques. Une partie de l’Armée Russe de Libération (ROA selon les initiales russes), qui combattait avec les fascistes sous la direction du général Vlassov, passa du côté des insurgés, avec à leur tête le général Sergej Bunačenko (1902-1946). Les Tchèques et cette division de l’Armée Vlassov prirent une partie de la ville mais les Allemands opposaient une résistance farouche dans d’autres quartiers et dans la périphérie. Les Américains étaient stationnés à 40 km de la ville mais les accords passés avec les Soviétiques attribuaient la libération de Prague à l’Armée Rouge. Pour fuir cette dernière, les soldats de Vlassov s’enfuirent de la ville le 8 mai, en direction des lignes américaines. La situation des insurgés s’en trouva affaiblie, même s’il était clair que la défaite allemande était imminente. Le Conseil National Tchèque conclut avec les Allemands un accord stipulant que les occupants abandonneraient leur armement lourd et pourraient fuir vers les lignes américaines. Mais les Allemands violèrent l’accord et s’en prirent à la population civile, brûlèrent des habitations et des monuments.

Les 3e et 4e divisions blindées de la garde du 1er front de Biélorussie de l’Armée Rouge dut ainsi livrer de véritables combats dans Prague, alors même que la capitulation allemande était déjà signée à Berlin. C’est seulement dans la soirée du 9 mai que la ville fut entièrement libérée. Des combats sporadiques se déroulèrent aux abords de Prague jusqu’au 12 mai.

 

La participation d’une partie de l’Armée Vlassov au début de l’insurrection fut occultée par l’historiographie tchécoslovaque de l’époque communiste et soviétique. Depuis le début des années 90, on dit au contraire que les soldats de Vlassov jouèrent un rôle décisif dans la libération de Prague et que l’Armée Rouge entra dans une ville déjà libérée. L’historien russe Kirill Aleksandrov, un des animateurs de la radio de l’éparchie de Saint-Pétersbourg, se situe dans ce courant.

 

L’historien Aleksandr Dûkov, directeur de la fondation « Mémoire Historique » déclare :

« En ce qui concerne la libération de Prague, les faits restent les faits. C’est l’armée soviétique du maréchal Koniev qui l’a libérée des Allemands et en particulier l’armée blindée du général Rybalko. Les soldats de Vlassov ont pris part aux combats contre les Allemands dans la capitale tchécoslovaque. Mais rappelons qu’elle participa à cette insurrection au moment où Berlin avait déjà capitulé et où la coalition antihitlérienne avait, pour l’essentiel, donné le coup de grâce aux armées nazies qui n’avaient pas encore déposé les armes.

On entend aujourd’hui parler du « sursaut d’honneur » des soldats de Vlassov qui ont décidé d’apporter leur aide aux Tchèques. Mais ce n’est qu’un prétexte pour essayer de mériter le pardon pour s’être trouvé dans les rangs fascistes. Et pour parler des arguments du type « dans le fond, ils étaient antinazis », ils n’ont pas de fondement.

Parmi les collaborateurs qui se trouvèrent du côté de Hitler, beaucoup l’ont fait poussés par le besoin de sortir des camps de concentration. Et ceux qui effectivement étaient contre les fascistes passèrent dans le camp des forces antihitlériennes en 1943 et 1944. Le cas le plus connu est celui de la brigade de Vladimir Gild-Rodionov, créée par les Allemands parmi les prisonniers de guerre qui voulaient combattre contre l’Armée Rouge. Dès 1943 se trouvaient du côté de l’armée soviétique et des partisans 10 000 anciens collaborateurs. Et un passage aussi massif de « combattants contre le communisme » du côté soviétique fut rendue possible par le fait que la direction soviétique ne les considérait pas comme des opposants sérieux, comme essaient de le faire croire ceux qui veulent voir parmi les collaborationnistes une « troisième force » ou une « alternative au pouvoir soviétique ».

Les soldats de Vlassov ont laissé de très mauvais souvenirs en République Tchèque et en Slovaquie. Ce n’est pas par hasard que lorsqu’en 1946-1947 la direction de l’Armée d’Insurrection Ukrainienne (UPA) prépara des coups de mains sur le territoire de la Tchécoslovaquie, ils sortirent des tracts qui disaient que les combattants de l’UPA devaient faire de la propagande en avançant qu’ils n’avaient rien à voir avec l’armée Vlassov.

Une des causes de l’apparition de travaux pseudo-historiques qui disculpent les soldats de Vlassov et en font des héros, c’est la tendance à mettre l’histoire au service de la politique et à dénigrer ceux qui ont réellement fait la victoire, au nombre desquels figurent ceux qui ont libéré Prague ».

Adapté et traduit de la Pravda, 10 mai 2010.

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Published by iskra - dans URSS 1941-1945
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