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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 15:09

Exposition virtuelle organisée par la BDIC

La BDIC consacre une très belle exposition virtuelle aux photos prises au Goulag par Vladimir Ablamski (1911-1994) entre 1953 et 1956link. Détenu dans le complexe « Ozerlag », il est chargé par les autorités du camp de photographier les zeks libérés, de mars 1953 (mort de Staline) à août 1956 (sa propre libération). L’exposition rassemble des photographies de la vie dans les camps, de détenus et de leurs gardiens ainsi que des documents d’archives (traduits) provenant de l’association Mémorial de Sibérie.

Les photos peuvent surprendre. Elles illustrent une période bien particulière de l’existence du Goulag : la transition entre la mort de Staline et le démantèlement des camps.

Les camps après la mort de Staline

Je ne paraphraserai pas ici les commentaires de l’exposition mais j’apporterai quelques précisions de nature historique.

Le Goulag rassemble en 1950 environ 2,5 millions de détenus. Dès la mort de Staline, le 5 mars 1953, les prétendants à la succession et au premier chef Lavrentij Beria, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité d’État, engagent une vague de réformes.

Beria veut enlever au Goulag sa fonction « économique », qui est au demeurant un échec criant, pour ne garder "que" sa fonction « politique », de répression.

Le 18 mars 1953, le conseil des ministres adopte un décret qui retire au ministère de l’Intérieur les organismes économiques qui dépendaient de lui et dont la main d’œuvre était en immense majorité constituée de détenus (construction de chemins de fer, de routes, de centrales électriques, extraction minière..).

Le 27 mars, une amnistie partielle est promulguée : les détenus de droit commun condamnés à des peines inférieures à 5 ans et les détenus politiques à des peines inférieures à 3 ans sont libérés. Les autres voient leur peine réduite de moitié. Plus d’un million de personnes sont libérées mais aucune infrastructure n’est prévue pour les transporter ni pour les accueillir : le tout se déroule dans une grande improvisation.

Beria est arrêté le 26 juin 1953. Le processus de démantèlement s’accélère. Des grèves éclatent dans les camps, sur des revendications telles que la réduction de la journée de travail à 10 ou 8 heures, la fin des restrictions des correspondances avec les familles, de la séparation hommes/femmes sur le lieu de travail, l’amélioration du ravitaillement et de l’habillement, l’extension de l’amnistie du 27 mars aux politiques… Les autorités répondent avec un mélange de concessions et de répression.

Mais, fondamentalement, l’atmosphère change dans les camps. Le 17 septembre 1955, les Soviétiques ayant collaboré avec les Allemands durant la guerre condamnés à des peines inférieures à 10 ans sont libérés.

Le Goulag se disloque mais ne disparaît pas : il garde un rôle pénitentiaire ainsi qu’une fonction politique, mais limitée aux dissidents et aux suspects de nationalisme. Il ne vise plus la masse de la population.

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Published by iskra - dans URSS 1953-1964
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